retour article original

dimanche 20 août 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (4ème partie) : Du 16 avril 2004 au 30 avril 2004
Reuters, 21 avril 2004

Irak : Varsovie commence à évoquer le départ de ses troupes

par Marcin GRAJEWSKI


VARSOVIE (Reuters) - La Pologne envisage la possibilité de retirer ses 2400 soldats d’Irak, mais ne le fera ni brutalement, ni sans coordination avec les Etats-Unis, a annoncé, mercredi 21 avril 2004, le Premier ministre sortant Leszek Miller.


Il a précisé que son successeur probable à la tête du gouvernement, Marek Belka, ferait le point sur cette question lors de son premier discours de politique générale au début mai. Leszek Miller doit démissionner le 2 mai 2004.

"Le problème existe. Nous ne pouvons fermer les yeux sur le fait que l’Espagne et d’autres quittent l’Irak. Je ne peux dire quand nous partirons, mais je suis sûr que le nouveau Premier ministre sera plus précis à ce sujet", a déclaré Leszek Miller.

"Nous ne prendrons aucune initiative irréfléchie. La décision finale sur la date du retrait sera bien soupesée et concertée", a-t-il ajouté. De source autorisée, on déclare envisager de rester en Irak jusqu’à la fin 2004 mais de réduire les effectifs polonais d’ici là.

L’un des plus proches alliés européens des Etats-Unis sur l’Irak, la Pologne avait déclaré, le 19 mars 2004, avoir été trompée par ceux-ci sur la possession présumée par l’ancien régime de Saddam Hussein d’armes de destruction massive (ADM).

Mais le président Aleksander Kwasniewski avait alors exclu devant des journalistes européens que son pays rappelle son contingent militaire d’Irak, comme ont décidé depuis de le faire l’Espagne, le Honduras et la République dominicaine.

Pour une solution politique

La Pologne assume le commandement de la division multinationale de 9500 hommes déployée dans le Centre-Sud, une charge que devait assumer l’Espagne à partir du 1er juillet, et s’était déclarée, en mars 2004, prête à le conserver après la défection de Madrid.

Leszek Miller a ensuite suggéré que l’OTAN prenne en charge le commandement de cette force, hypothèse exclue par l’Alliance atlantique.

Leszek Miller a déclaré que la Pologne ne suivrait pas l’exemple espagnol et ne retirerait pas ses troupes du jour au lendemain au risque de déstabiliser la situation.

Il a ajouté que l’adoption d’une résolution de l’ONU autorisant le lancement d’une opération internationale de maintien de la paix aiderait à résoudre les problèmes dans la région.

"Ce conflit doit être résolu par des moyens politiques, de préférence sous les auspices de l’ONU. De nombreux pays resteraient engagés en Irak sous les auspices de l’ONU."

George Bush était intervenu auprès de Kwasniewski le jour même de ses déclarations sur les ADM pour inviter Varsovie à rester ferme sur son engagement militaire en Irak, lui affirmant notamment : "Ceux qui se retirent, dévoilant leur faiblesse, sont très naïfs d’en attendre une garantie de sécurité et de croire qu’ils seront épargnés par les attentats terroristes."

Selon les commentateurs, le successeur de Leszek Miller, Marek Belka, ne fera rien pour contrarier Washington, ayant passé près d’un an comme expert économique de haut rang auprès de l’Autorité provisoire de coalition.

L’opinion publique polonaise est de plus en plus sceptique sur l’opportunité de la présence en Irak et les partis d’opposition appellent au retrait du contingent.

Leszek Miller a toutefois exhorté les partis politiques polonais à ne pas se saisir du dossier irakien pour en faire un thème de campagne en vue des élections législatives prévues au plus tard l’an prochain.

Si tel était le cas, a-t-il prévenu, des extrémistes islamistes pourraient se saisir de ce prétexte pour lancer des attentats contre la Pologne, comme ils l’ont fait en Espagne avec les attentats du 11 mars 2004, qui ont débouché trois jours plus tard sur la victoire des socialistes partisans du retrait d’Irak aux élections législatives.

"Il y a des gens qui disent que le vainqueur des élections en Espagne est Al Qaïda et il y a du vrai là-dedans", a-t-il estimé.

Marcin GRAJEWSKI

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

AUTEURS 

  • Marcin GRAJEWSKI

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source