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mercredi 23 août 2017
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AFP, 20 août 2008

Algérie : Attentat à Bouira


Un artificier sur le lieu d’un attentat, à Bouira, le 20 août 2008

ALGER, 20 août (AFP) - L’Algérie a vécu, depuis jeudi 14 août, une semaine sanglante, jalonnée d’embuscades et d’attentats suicide qui ont fait au total plus de 70 morts et plusieurs dizaines de blessés dans l’est du pays. Mercredi 20 août 2008 au matin, deux voitures piégées ont explosé au centre de Bouira, à 120 km au sud-est d’Alger, faisant 11 morts et 31 blessés, selon un bilan de la radio algérienne.

Algérie


Une première voiture a visé un bus stationné près d’un hôtel et une seconde le siège du secteur militaire de cette ville, faisant partie d’un "quadrilatère de la mort" formé d’Alger, Bouira, Tizi Ouzou et Boumerdès, adossé à la Kabylie. Cette région montagneuse et boisée est le repaire de plusieurs "émirs" (chefs islamistes), dont Abdelmalek Droukdel, alias Abou Moussaab Abdelouadoud, "patron" d’Al-Qaïda au Mahgreb islamique (AQMI), branche du réseau d’Oussama Ben Laden, qui a revendiqué les attentats suicide commis depuis 2007 en Algérie.

Le lieu d’un attentat, à Bordj El-Kiffan, le 4 juin 2008

Ce double attentat n’avait pas été revendiqué, mercredi 20 août 2008 en fin de matinée, et la radio n’a pas précisé s’il s’agissait d’attaques suicide. Il intervient vingt-quatre heures après une attaque suicide qui a fait 43 morts et 45 blessés devant l’école de gendarmerie des Issers, à 60 km à l’est d’Alger, selon un bilan officiel. Cet attentat était le plus meurtrier en Algérie depuis le 11 décembre 2007, lorsque deux bâtiments publics, dont le siège du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), situés dans des quartiers sécurisés, avaient été visés par deux attaques suicides faisant 41 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Le lieu d’un attentat, à Tizi Ouzou, le 3 août 2008

Jeudi 14 août, le commandant du secteur militaire de Jijel avait été tué dans une autre embuscade dans la zone montagneuse surplombant Skikda. Dimanche 17 août 2008, des groupes armés islamistes ont tendu une embuscade à un convoi des forces de l’ordre, à Skikda, à 350 km à l’est d’Alger, dans laquelle huit policiers, trois militaires et un civil avaient été tués. Une dizaine de membres des forces de l’ordre avaient également été blessés, selon la presse. Les forces de l’ordre ont abattu quatre islamistes dans l’accrochage survenu après cette embuscade, selon la même source. Cette recrudescence des attentats islamistes survient à l’approche du mois de Ramadan, qui commence début septembre. Les "émirs" considèrent le mois sacré du jeûne musulman comme une période propice au "jihad" (guerre sainte) et promettent le paradis à leurs adeptes tombés en "martyrs" pendant ce mois.

Le lieu d’un attentat, à Issers, le 19 août 2008

Selon les experts de l’antiterrorisme, les "émirs" chercheraient aussi à étendre leur zone d’activité au delà du "quadrilatère de la mort" afin de contraindre les forces de l’ordre à se redéployer et à desserrer la pression qu’ils subissent en Kabylie. La dernière opération de l’armée en Kabylie, le 8 août, en représailles à une attaque kamikaze contre le commissariat des renseignements généraux de Tizi Ouzou, s’était soldée par la mort de 12 islamistes. Des sources non-officielles estiment à 300 à 400 le nombre d’islamistes armés encore disséminés à travers le territoire. Le fondateur et ancien chef du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, rebaptisé AQMI), Hassan Hattab, les a appelés à "renoncer à la lutte armée et rendre les armes" peu après l’attentat de mardi 19 août 2008 aux Issers. Le gouvernement algérien a, pour par sa part, réaffirmé sa détermination à "combattre le terrorisme jusqu’a son élimination totale".

Abdellah CHABALLAH

Le lieu d’un attentat, à Issers, le 19 août 2008

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