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22 août 2008

Corruption : Les ripoux du Conseil d’Etat genevois voyagent à l’étranger aux frais des contribuables

par Frank BRUNNER


Vue de Tallin, en Estonie

Comme s’ils n’étaient pas assez payés pour assumer eux-mêmes le coût de leurs vacances, les sept membres du Conseil d’Etat genevois -exécutif cantonal- se sont offerts, aux frais des contribuables, en compagnie du chancelier, Robert Hensler, un voyage en Estonie et en Lettonie, du 17 août au 20 août 2008. Cette escapade a coûté environ 15000 francs suisses.

Suisse


Le chancelier, Robert Hensler, a refusé d’un ton dédaigneux de communiquer le détail de la facture aux médias. Il a mensongèrement affirmé que « de tels séminaires de travail relèvent d’une tradition adoptée partout en Suisse et existent depuis plusieurs décennies », alors qu’en réalité il s’agit d’une particularité genevoise. Même les membres du gouvernement fédéral ne s’offrent pas des voyages à l’étranger aux frais des contribuables. Selon Le Temps, « Les magistrats ont notamment planché sur le budget 2009 et se seraient intéressés à l’administration en ligne estonienne, considérée comme avant-gardiste. » Le but officiel du voyage aurait été de « renforcer la cohésion gouvernementale ».

Robert Hensler

On relèvera qu’aucun des prétextes invoqués ne justifiait ce voyage. Les conseillers d’Etat auraient aussi bien pu se retrouver à l’occasion d’un pique-nique dans la campagne genevoise, pour discuter du budget et « renforcer la cohésion gouvernementale ». Quant à l’étude de l’administration en ligne estonienne, elle pouvait aussi bien être menée, via internet, depuis Genève. S’il avait fallu envoyer quelqu’un sur place, c’était un informaticien spécialiste d’internet, plutôt que des politicards tout justes bons à mentir et à couvrir les crapuleries de leurs petits copains. « On se souvient que d’actuels membres du gouvernement avaient sèchement critiqué leurs prédécesseurs partis, en 2004, à Madère », rappelle Le Temps.

Vue de Riga, en Lettonie

Il est vrai que l’hypocrisie du gouvernement genevois n’est plus à démontrer. Depuis leur élection, ses membres se sont systématiquement efforcés de tromper la population sur leur véritable politique. Ils ont commencé par proclamer qu’il n’était pas question de s’en prendre aux prestations sociales, ce qui était censé « justifier » leur refus de toute hausse d’impôts au préjudice des riches, malgré un endettement de l’Etat de Genève de l’ordre de 12 milliards de francs suisses.

En réalité, avec une bassesse sans exemple, les membres du Conseil d’Etat genevois n’ont pas cessé de s’en prendre aux plus démunis, leur supprimant l’allocation pour les vêtements, leur supprimant l’abonnement gratuit aux transports publics, réduisant à un niveau de famine le montant du « minimum vital » versé aux jeunes dans la détresse, et allant jusqu’à supprimer la gratuité de l’assistance juridique, en violation de l’article 29 de la constitution fédérale. Dernière bassesse en date : le gouvernement genevois a décidé d’une hausse du tarif du gaz et de l’électricité, sans se soucier de compenser cette hausse par une augmentation du montant du « minimum vital », ce qui a pour effet de réduire encore davantage le revenu des plus démunis. Et ce sont ces-gens-là qui dilapident l’argent public en dépenses de voyages à l’étranger.

Frank BRUNNER

Les ripoux du Conseil d’Etat genevois en compagnie du chancelier Robert Hensler (au second rang à l’extrême droite)

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