PARIS - La France a qualifié, vendredi 22 août 2008, d’"inacceptable" l’arrestation, la veille, du Premier ministre "constitutionnel" de Mauritanie, Yahya Ould Ahmed Waqef, et réclamé sa libération "inconditionnelle et immédiate".
La police du régime putschiste de Nouakchott a arrêté le Premier ministre, alors qu’il tentait de participer, dans la ville portuaire de Nouadhibou, à une manifestation contre les auteurs du coup d’Etat militaire du 6 août 2008, a-t-on appris auprès de ses proches. Selon un membre de sa famille, le chef du gouvernement déchu a été assigné à résidence dans sa localité natale d’Achram, à 550km à l’est de la capitale, Nouakchott. Cette information a été confirmée par un responsable de la police mauritanienne qui a requis l’anonymat.
"Nous appelons à un retour dans les plus brefs délais à l’ordre constitutionnel, avec comme préalable impératif la remise en liberté immédiate et le rétablissement dans ses fonctions du président (Sidi Ould Cheikh) Abdallahi, élu démocratiquement en mars 2007", a souligné vendredi un porte-parole du Quai d’Orsay. Il a ajouté que l’ambassadeur de France à Nouakchott avait pu s’entretenir, jeudi 21 août 2008 au soir, avec le président Abdallahi, toujours en résidence surveillée. Rappelant que la communauté internationale est "unanime dans sa condamnation du coup de force et dans ses demandes", le porte-parole a indiqué que la France soutenait la proposition du sommissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, Louis Michel, d’ouvrir des consultations en vue d’une possible suspension de l’aide européenne à la Mauritanie. "Nous apportons également notre soutien à la mission de Jean Ping, président de la commission de l’Union africaine, qui se rendra, lundi 25 août 2008, à Nouakchott", a-t-il ajouté, appelant la junte militaire et les responsables politiques mauritaniens à coopérer au plus vite avec la communauté internationale "afin de trouver une solution rapide à la crise".
Associated Press