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AFP, 12 septembre 2008

Bolivia : Hugo Chavez est prêt à intervenir en cas de coup d’Etat contre Evo Morales


Des émeutiers dans un batiment gouvernemental, à Santa Cruz, le 9 septembre 2008

CARACAS - Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a averti, jeudi 11 septembre 2008, que son gouvernement s’estimait autorisé à intervenir en Bolivie et à "organiser des opérations de tout type" dans ce pays dans l’éventualité d’un coup d’Etat contre son homologue bolivien, Evo Morales.

Bolivia


Le président socialiste bolivien, Evo Morales, a décrété, mercredi 10 septembre, persona non grata l’ambassadeur des Etats-Unis à La Paz, Philip Goldberg, qu’il a accusé d’encourager des manifestations antigouvernementales dans cinq régions du pays : Santa Cruz, Beni, Pando, Tarija et Chuquisaca. Les gouverneurs conservateurs de ces régions refusent le projet de constitution de M. Morales et réclament la restitution d’un impôt sur les hydrocarbures. Evo Morales a mis en garde l’opposition, jeudi 10 septembre 2008, en soulignant que "la patience avait des limites", alors que les manifestations antigouvernementales se poursuivaient dans ces régions, où des heurts ont fait au moins deux morts et une dizaine de blessés.

Evo Morales

"Si Evo était renversé ou tué, qu’ils sachent, les putschistes de Bolivie, qu’ils m’ont donné le feu vert pour soutenir tout mouvement armé en Bolivie", a prévenu M. Chavez, dans un message télévisé. Le président Chavez a souligné toutefois que son gouvernement "voulait la paix", mais était disposé à "exiger le respect" des gouvernements et dirigeants légitimes d’Amérique latine. "Je veux que les gouvernements et les pays voisins sachent que nous voulons la paix, mais nous ne sommes pas disposés à mourir comme (Simón) Bolivar à Santa Marta (Colombie), ni comme (l’ancien président chilien Salvador) Allende à la Moneda", a souligné M. Chavez.

Hugo Chavez

Hugo Chavez expulse l’ambassadeur américain à Caracas en solidarité avec La Paz

CARACAS - Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a annoncé, jeudi 11 septembre, dans une manifestation publique, avoir ordonné l’expulsion sous 72 heures de l’ambassadeur américain à Caracas, en solidarité avec la Bolivie qui a également expulsé, mercredi 10 septembre, le représentant américain à La Paz. Les Etats-Unis ont décidé, jeudi 10 septembre, à leur tour d’expulser l’ambassadeur de Bolivie à Washington, en réponse à l’expulsion de leur représentant à La Paz. "À partir de ce moment, l’ambassadeur yankee à Caracas a 72 heures pour quitter le Venezuela, en solidarité avec la Bolivie", a déclaré Hugo Chavez, lors d’un rassemblement de soutien au candidat de son parti aux élections régionales de novembre 2008, à Puerto Cabello, à 120 km à l’ouest de Caracas. "Allez au diable, yankees de merde", a ajouté le président Chavez.

Agence France Presse

Patrick Duddy, l’ambassadeur des Etats-Unis au Venezuela

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