retour article original

mercredi 29 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (4ème partie) : Du 1er avril 2004 au 31 août 2004
AP, 22 avril 2004

Haïti : Louis-Jodel Chamblain sera rejugé


Louis-Jodel Chamblain

PORT-AU-PRINCE, Haïti -L’un des chefs militaires de l’insurrection haïtienne, Louis-Jodel Chamblain, condamné par contumace pour des meurtres commis lors du coup d’Etat contre le président Jean-Bertrand Aristide en 1994, s’est rendu aux autorités judiciaires, jeudi 22 avril 2004.

Le 11 février 2004, révoltés contre le dictateur-gangster Jean-Bertrand Aristide, les insurgés haïtiens prennent le poste de police des Gonaives


Salué par ses partisans, Louis-Jodel Chamblain s’est rendu dans une prison de Port-au-Prince, après avoir tenu une conférence de presse dans un hôtel de Petionville. Il était accompagne par le ministre de la Justice par intérim Bernard Gousse et des officiers de police.

Le 22 février 2004, les insurgés prennent le poste de police de Cap-Haïtien et libèrent la ville

Il s’est déclaré victime d’une condamnation politique et convaincu qu’un nouveau procès l’innocenterait. "Je suis prêt à me rendre en tant que prisonnier pour donner à Haïti une chance afin que nous puissions construire cette démocratie pour laquelle j’ai lutté", a-t-il déclaré aux journalistes, appelant les autres personnes accusées de crimes, dont des membres du parti Lavalas de Jean-Bertrand Aristide, à se rendre.

"C’est une décision très bonne et très noble de sa part", a estimé M. Gousse.

On ignore quand Louis-Jodel Chamblain sera présenté à un juge ou s’il devait être emprisonné.

Rentrés d’exil, Guy Philippe et Louis-Jodel Chamblain dirigent la résistance depuis Cap-Haïtien

Depuis le soulèvement des insurgés, qui a entraîné le départ du président Aristide, le 29 février 2004, et provoqué un exode de juges et policiers, les dirigeants haïtiens assurant l’intérim s’emploient à maintenir l’ordre et à poursuivre les personnes soupçonnées de crimes. Une partie des juges et policiers ont regagné leurs postes après avoir fui de peur d’être attaqués pour leur loyauté au régime déchu.

Louis-Jodel Chamblain foule des portraits de Jean-Bertrand Aristide, à l’aéroport de Cap-Haïtien, le 23 février 2004

Louis-Jodel Chamblain avait été condamné à la prison à perpétuité à deux reprises, pour le meurtre en 1993 du financier de Jean-Bertrand Aristide, Antoine Izmery, et pour le massacre en 1994 d’une dizaine de partisans d’Aristide aux Gonaïves, d’où est partie la rébellion le 5 février 2004.

Sur le point de participer à la libération de Port-au-Prince, Louis-Jodel Chamblain s’est assoupi, durant un arrêt à Saint-Marc, le 1er mars 2004

Louis-Jodel Chamblain est accusé d’avoir dirigé des "escadrons de la mort" au cours des dernières années de la dictature de Jean-Claude Duvalier, dit "Baby Doc", à la fin des années 1980.

Une foule en liesse accueille les libérateurs d’Haïti, à Port-au-Prince, le 1er mars 2004. Depuis des semaines, la ville et ses habitants étaient livrés aux tueurs du parti Lavalas de Jean-Bertrand Aristide

Après le renversement de Jean-Bertrand Aristide en 1991, il est devenu co-dirigeant de la milice paramilitaire du Front révolutionnaire pour le progrès et l’avancement d’Haïti (FRAPH), responsable de la mort, de la torture et de la mutilation de centaines de personnes, notamment les partisans de Jean-Bertrand Aristide, dans les bidonvilles.

Associated Press

Louis-Jodel Chamblain, accueilli en libérateur par la population de Port-au-Prince, le 1er mars 2004

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source