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samedi 25 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (4ème partie) : Du 16 avril 2004 au 30 avril 2004
AFP, 22 avril 2004

Irak : 3 otages libérés, un Sud-africain abattu, défilé à Bassorah

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BAGDAD (AFP) - Trois otages étrangers ont été libérés et un garde de sécurité sud-africain abattu en Irak, jeudi 22 avril 2004, journée marquée par un défilé de protestation de chiites, accusant les forces britanniques de la responsabilité des attentats suicide sanglants de la veille dans le sud du pays.


A Bagdad, un diplomate palestinien a annoncé que Nabil Georges Yaaqoub Razzouq, un Arabe israélien enlevé en Irak le 8 avril, a été libéré. "Ce citoyen palestinien a été libéré et se trouve en bonne santé en Irak", a indiqué à l’AFP le chargé d’affaires palestinien Dalil al-Qoussour, selon lequel l’ex-otage a été transféré de Najaf, où il était détenu, à Bagdad.

Chrétien de Jérusalem-est, M. Razzouq, 30 ans, s’est fait naturaliser israélien, selon sa famille. Il était employé en Irak par l’organisation américaine Research Triangle Institute (RTI) et l’Autorité palestinienne avait accepté à la demande de sa famille de tenter d’obtenir sa libération.

Les autorités de Berne ont annoncé que deux ressortissants suisses avaient été relâchés en Irak après avoir été retenus pendant 48 heures par un groupe inconnu, sans fournir de précisions sur les circonstances de l’enlèvement.

Par contre, un agent de sécurité sud-africain de la coalition, a été abattu par un inconnu et son traducteur irakien blessé dans le quartier sunnite d’Adhamiyah à Bagdad, selon le ministre irakien de la Santé.

"La personne qui a été tuée aujourd’hui à Bagdad est un Sud-africain employé comme agent de sécurité par la coalition. Il protégeait des membres de la coalition qui travaillaient au ministère irakien de la Santé", a dit Khodayyir Abbas, sans donner l’identité de la victime.

A Bassorah, un millier de partisans du chef chiite radical Moqtada Al-Sadr ont défilé dans la ville, endeuillée, mercredi 21 avril 2004, par une série d’attentats qui ont fait, avec une double attaque suicide contre une académie de police de Zoubeïr, 25 km plus au sud, 68 tués et 98 blessés.

"Nous avons des preuves de l’implication des forces britanniques dans ces attaques", a déclaré à l’AFP, sans autre précision, un représentant de Moqtada Al-Sadr, cheikh Abdel Sattar Bahadli.

Selon lui, ces forces étaient incapables d’assurer la sécurité et il est temps qu’elles confient cette tâche à la police locale et aux partis et milices de la ville de deux millions d’habitants à majorité chiite, qui n’a pas connu jusqu’ici d’attentats aussi sanglants.

Sur les banderoles, on pouvait lire : "Le peuple irakien dit qu’Al-Qaïda (le réseau terroriste d’Oussama ben Laden) est innocent des attentats pour lesquels il faut blâmer le criminel Tony Blair (le Premier ministre britannique)", "Al-Qaïda est une tromperie américaine pour justifier l’occupation de pays islamiques" et "le peuple et la police forment une force aux ordres de la direction religieuse qui jamais ne se soumettra à l’occupant".

Un haut responsable militaire de la coalition a estimé que les attentats portaient la marque d’Al-Qaïda. "Ca ressemble (à des attentats) d’Al-Qaïda et ça en porte toutes les marques : c’était suicidaire, spectaculaire et symbolique", a-t-il dit.

Mais le général Nick Carter, commandant des forces britanniques à Bassorah, est resté prudent. "Tout ce dont nous pouvons être certains, c’est qu’il s’agit de quelque chose qui est venu de l’extérieur" de Bassorah et "très vraisemblablement" de l’extérieur du pays, sans mentionner Al-Qaïda.

Avant la manifestation, cheikh Bahadli a mis en garde contre une révolte à Bassorah en raison de l’insécurité et assuré que les partisans de M. Sadr seraient dans ce cas "le détonateur du soulèvement".

Plusieurs policiers ont participé à la manifestation, dont certains ont affirmé qu’ils n’hésiteraient pas à se joindre à la milice de Moqtada Al-Sadr, l’Armée du Mehdi en cas d’affrontements.

Moqtada Al-Sadr est retranché dans la ville sainte de Najaf, menacé par une offensive des forces américaines qui accusent sa milice d’avoir fomenté le soulèvement de début avril 2004, qui a fait des centaines de tués.

Agence France Presse

Commentaire

La dépêche de l’AFP qu’on vient de lire s’abstient, bien évidemment, de préciser que l’écrasante majorité des "centaines de tués", depuis le début du soulèvement irakien, ont été victimes des troupes d’occupation.

L’armée des Etats-Unis se vante de tuer dix Irakiens -y compris les vieillards, les femmes et les enfants- pour chaque soldat américain tué par la résistance...

Frank BRUNNER

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