retour article original

dimanche 23 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en Suisse L’Hospice Général genevois
4 octobre 2008

Corruption : La politique de la calomnie au service social genevois

par Frank BRUNNER


Vue de Genève

A plusieurs reprises déjà, nous avons dénoncé les procédés de l’Hospice Général [le service social genevois] à l’encontre des usagers, ainsi que les complicités dont bénéficie le personnel, non seulement de la part de sa hiérarchie, mais également de la part du Conseil d’Etat [exécutif cantonal] et de la magistrature genevoise. L’anecdote suivante met à nouveau en évidence le caractère foncièrement malveillant et sournois de « l’esprit maison ».

Suisse


Un usager de l’Hospice Général avait besoin d’une nouvelle paire de lunettes. Le barème de l’Hospice Général prévoit un budget de 400.-CHF pour cette dépense. Sur cette somme, l’Hospice Général se fait rembourser 180.- CHF par l’assurance maladie de l’usager. D’un point de vue administratif, l’usager commence par aller consulter un oculiste, lequel délivre une ordonnance indiquant quels sont les verres nécessaires pour chaque œil. Avec cette ordonnance, l’usager cherche un opticien en mesure de fournir les verres et la monture des lunettes dans le cadre du budget de 400.- CHF. Sur la base de l’ordonnance de l’oculiste, l’opticien établit un devis pour les lunettes. L’usager transmet ce devis à l’Hospice Général. L’Hospice Général rédige alors, à l’intention de l’opticien, une lettre par laquelle il s’engage à payer le montant des lunettes. Une fois cette lettre reçue, l’opticien exécute le travail, puis envoie sa facture à l’Hospice Général, qui se fait rembourser par l’assurance maladie. C’est-à-dire qu’à aucun moment l’argent destiné au paiement des lunettes ne transite par la poche de l’usager. Ce dernier se contente de transmettre le devis de l’opticien et la lettre de l’Hospice Général.

Dans ce contexte, l’assistante sociale en charge du dossier de l’usager, constatant que celui-ci ne portait pas ses lunettes à l’occasion d’un rendez-vous, s’est permise d’insinuer ouvertement qu’il ne les aurait pas faites faire et que la facturation des lunettes serait frauduleuse. Non seulement cette insinuation était calomnieuse à l’égard de l’usager, mais elle impliquait que l’opticien aurait lui-même escroqué l’Hospice Général en facturant des lunettes qui n’auraient pas été fabriquées et que sa facture serait donc une fausse facture. Cette insinuation totalement infondée n’était pas moins outrageante pour l’opticien que pour l’usager. L’assistante sociale estimait pourtant son attitude absolument normale.

Vue du siège de l’Hospice Général

Un policier interrogeant un suspect dans le cadre d’une affaire criminelle ne peut pas se permettre de poser le genre de questions que le personnel de l’Hospice Général pose continuellement aux usagers. Il est tenu de respecter les droits du suspect, alors que le personnel de l’Hospice Général traite ces mêmes droits avec le plus complet mépris. L’Hospice Général impose aux usagers une situation de non-droit en les considérant a priori, non comme des personnes honnêtes ayant besoin d’aide, mais comme des fraudeurs qu’il s’agit de démasquer. En elle-même, cette attitude mentale est déjà révoltante de la part d’un service social et ne se constate dans aucune autre administration genevoise. Elle est d’autant plus injustifiable que, de l’aveu même de l’Hospice Général, les fraudes se limitent à 1 % ou 2 % des cas, ce qui est absolument dérisoire, compte tenu de la situation financière des personnes concernée. La proportion de fraudeurs est certainement beaucoup plus élevée parmi les riches, puisque les paradis fiscaux ont pour raison d’être d’accueillir le produit de leurs fraudes. On n’imagine pas un fonctionnaire du Département des finances, s’adressant à un contribuable, insinuer, en l’absence d’un quelconque élément de preuve, que ce contribuable aurait fraudé le fisc, du genre : « Allons, nous savons bien que vous êtes tous des fraudeurs ! ». Une telle attitude de sa part ne serait pas admise. Mais à l’Hospice Général, on considère que les usagers n’ont aucun droit, sinon des droits purement théoriques qu’on bafoue sans le moindre scrupule. Ainsi, par exemple, bien que le droit au respect de la sphère privée soit inscrit dans la constitution fédérale, les assistantes sociales bombardent continuellement l’usager de questions visant à lui faire parler de sa vie privée. De même, le droit au secret médical est bafoué par des questions continuelles sur tel traitement médical en cours : « Vous avez vu le médecin ? Qu’est-ce qu’il vous a dit ? » Une assistante sociale prétendait carrément s’inviter au cabinet médical afin de discuter avec le médecin de l’état de santé de l’usager.

Vue du siège de l’Hospice Général

Les questions que les assistantes sociales posent continuellement aux usagers ne visent pas à mieux les aider -l’aide se limitant toujours au strict minimum légal, c’est-à-dire au moins possible-, mais à tenter de découvrir un prétexte -lequel sera présenté comme une tentative de fraude- pour leur supprimer une partie du montant de l’aide sociale. Sous des airs doucereux, on cherche à mettre son nez dans tous les aspects de la vie privée de l’usager, dans le seul but de lui nuire. Il ne s’agit pas d’abus individuels, mais d’une politique délibérée voulue par le Conseil d’Etat genevois, lequel se distingue par sa bassesse sans limite à l’égard des plus démunis.

Frank BRUNNER

Les ripoux du Conseil d’Etat genevois en compagnie du chancelier Robert Hensler (au second rang à l’extrême droite)

AUTEURS 

  • Frank BRUNNER

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source