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AP, 16 octobre 2008

Informations internationales : Les pays riches ne tiennent pas leurs engagements en matière de lutte contre la faim dans le monde

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Un aperçu de la misère au Mexique

Les pays riches ne tiennent pas leurs engagements en matière de lutte contre la faim dans le monde, a estimé l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, lors d’une conférence internationale, jeudi 16 octobre 2008, à Dublin, coïncidant avec la Journée mondiale de l’alimentation. M. Annan a estimé que la crise financière mondiale ne devait pas détourner l’attention du problème. Soulignant que pour la seule journée de jeudi, la malnutrition tuerait 10000 enfants dans le Tiers monde, il a ajouté que cela devait être considéré comme une tragédie aussi grande que la faillite d’une banque.

Un enfant africain victime de la famine


"La crise financière mérite une attention urgente. Mais la question de la faim aussi. Des millions de personnes (cette année) risquent de mourir. Est-ce moins urgent ?", a déclaré Kofi Annan à la conférence "Lutter contre la faim", qui réunissait 200 experts de l’aide au développement venus d’Europe, d’Afrique et des Etats-Unis. Il s’est interrogé sur le sérieux des engagements annoncés lors de la réunion du G8, à Gleneagles, en Ecosse, en 2005, et d’un sommet sur l’alimentation qui a réuni 181 pays, à Rome, en juin 2008. La réunion du G8 avait débouché sur la promesse d’une augmentation de l’aide au développement pour l’Afrique à 50 milliards de dollars d’ici 2010. Au sommet de Rome, 12 milliards de dollars avaient été promis pour la modernisation de l’agriculture. Si ces engagements avaient été tenus, la faim déclinerait aujourd’hui dans le Tiers monde, a affirmé M. Annan, alors que l’on observe la tendance inverse. Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde devrait passer cette année de 920 à 970 millions, ont convenu les experts à la conférence de Dublin.

Kofi Annan

L’économiste américain Jeffrey Sachs a estimé que l’on pouvait s’attendre à ce que les pays riches invoquent le coût de la crise pour justifier le non respect des engagements en faveur de l’agriculture africaine. Mais il récuse cet argument, soulignant que ce dossier n’a jamais été considéré comme une priorité internationale. "Même durant les années de forte croissance, il était impossible de mobiliser sur cette question", a souligné ce spécialiste du développement. La directrice adjointe du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, Sheila Sisulu, a dressé un parallèle entre la lutte contre la malnutrition et la bataille pour maintenir à flot le système financier. Ces deux combats favorisent la paix et la stabilité, a-t-elle affirmé. Elle a précisé que ses services tentaient de convaincre les pays donateurs de ne pas réduire leur aide au développement dans leur budget 2009.

Associated Press

Jeffrey Sachs

Commentaire

Les gouvernements des pays riches -tout comme la plupart de ceux des pays pauvres- mènent une politique néolibérale visant à favoriser l’exploitation de leur propre population au profit du patronat local. Il est donc évident qu’ils n’ont jamais eu la moindre intention de lutter contre la pauvreté dans le reste du monde.

Par exemple, le gouvernement suisse comptabilise comme de l’aide aux pays pauvres les dépenses liées au séjour des requérants d’asile en Suisse. Quant au reste du budget de l’aide aux pays pauvres, il aboutit essentiellement dans le tiroir-caisse d’entreprises suisses auxquelles on achète des machines qui, ensuite, sont offertes à tel ou tel pays pauvre.

D’une manière générale, le point commun de tous les prétendus programmes de "lutte contre la pauvreté" réside dans le fait que pas un centime n’aboutit dans la poche des pauvres. Tout le monde se sucre au passage, mais les pauvres ne voient jamais la couleur de l’argent.

Frank BRUNNER

Un enfant africain victime de la famine

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source