retour article original

lundi 24 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en Italie
Le Monde, 18 octobre 2008

Corruption : Des repentis accusent un ministre de Silvio Berlusconi d’avoir soutenu la mafia


Vue de Napoli

Nicola Cosentino, sous-secrétaire à l’économie italien et responsable du parti de Silvio Berlusconi, Forza Italia, pour la région de Naples, est accusé par cinq mafieux repentis d’avoir favorisé les intérêts du clan des Casalesi, le plus puissant de la Camorra (branche napolitaine de la mafia), lors d’appels d’offres^, et d’avoir été l’un des messagers de leur chef, Francesco Schiavone, actuellement derrière les barreaux, a affirmé, vendredi 17 octobre 2008, l’hebdomadaire L’Espresso.

Italia


Les Casalesi sont la principale cible du best-seller Gomorra de l’écrivain Roberto Saviano, menacé de mort par le clan et qui a annoncé, cette semaine, son intention de quitter l’Italie après avoir vécu deux ans caché et sous escorte policière. Un ex-responsable d’une entreprise de traitement de déchets toxiques aux mains de la mafia, Gaetano Vassalo, affirme, dans sa déposition, en août 2008, que "M. Cosentino était l’un des candidats du clan". En 1995, M. Cosentino "m’a demandé de l’aider pour sa campagne électorale. J’ai beaucoup œuvré pour lui. (...) J’ai demandé à plusieurs personnes de voter pour lui. Quand je demandais un service, on ne me refusait rien. C’est un peu toute l’organisation qui s’est occupée de son élection", racontait en 1996 Dario De Simone, qui a été l’un des chefs des Casalesi. Originaire de Casal di Principe, près de Naples, dans le sud du pays, le fief des Casalesi, Nicola Cosentino s’est plaint récemment d’être la victime d’une "campagne médiatique honteuse". Dans un entretien à L’Espresso, le chef du Parti démocrate, Walter Veltroni, regrette que M. Cosentino, "qui a pourtant été dénoncé par cinq repentis différents, n’ait pas ressenti le besoin de donner des explications". Interrogé sur la nécessité pour M. Cosentino de démissionner, M. Veltroni répond que "sa présence [au gouvernement] est gênante pour toute la majorité. Il serait opportun qu’il fasse un pas en arrière". De son côté, Silvio Berlusconi a promis "une lutte sans merci" contre la mafia qu’il veut "éliminer" du sud du pays, affirmant qu’il "mettait au point une offensive qui sera bientôt déclenchée".

Avec AFP

Nicola Cosentino

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source