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samedi 25 février 2017
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AFP, 22 octobre 2008

Corruption : Procédure contre le président du Costa Rica et son ministre de l’Environnement, pour "abus de pouvoir"


Des opposants au projet minier Crucitas manifestent

Le Procureur général du Costa Rica a ouvert une enquête pour "abus de pouvoir" contre le président, Oscar Arias, et son ministre de l’Environnement, Roberto Dobles, pour un décret déclarant "d’intérêt national" l’exploitation de mines d’or dans le nord du pays, ont indiqué, mardi 21 octobre 2008, les services judiciaires. Le service de presse de la présidence a déclaré à l’AFP que M. Arias ne faisait aucun commentaire pour le moment. Le gouvernement du président Arias, prix Nobel de la Paix en 1987, a fait de la protection de l’environnement une de ses priorités.

Costa Rica


"Les services du Procureur général de la République ont ordonné, hier (lundi 20 octobre), l’ouverture d’une enquête contre le président de la République, Oscar Arias Sanchez, et le ministre de l’Environnement, de l’Energie et des Télécommunications, Roberto Dobles Mora, pour un délit présumé d’abus de pouvoir", a indiqué le bureau du Procureur dans une note de presse succinte. L’enquête vise un décret signé par MM. Arias et Dobles, le 17 octobre 2008, et qui déclare "d’intérêt public et national le projet minier Crucitas, développé par l’entreprise Industrias Infinito S.A." Le décret, qui a provoqué une vive réaction des organisations de défense de l’environnement dans le pays, autorise cette filiale du groupe canadien Vanessa Ventures à raser 262 hectares de forêt dans la région frontalière du Nicaragua.

Oscar Arias Sanchez

La chambre constitutionnelle de la Cour suprême a ordonné, lundi 20 octobre 2008, la suspension immédiate du permis accordé à la société minière, qui avait déjà commencé à couper des dizaines d’arbres, selon des témoignages sur place. Les groupes écologistes soulignent que l’autorisation inclut la coupe d’espèces protégées comme l’amandier jaune, où nichent les aras verts et rouges : l’arbre et ces oiseaux sont en danger de disparition. Les écologistes affirment que l’exploitation minière, outre la déforestation, contaminerait les sources de la région avec des substances éminemment toxiques, comme le cyanure. Le projet controversé concerne également les intérêts du Nicaragua voisin, car il est situé à quelque 3 km du rio San Juan, qui marque la frontière entre les deux pays et, soulignent les écologistes, sera inévitablement pollué par les produits toxiques. L’exploitation de l’or risquerait en outre d’augmenter les tensions entre les deux pays, selon eux. Un litige plus que centenaire entre le Costa Rica et le Nicaragua pour la navigation sur le rio San Juan est sur les tablettes de la Cour internationale de justice de La Haye.

Agence France Presse

Roberto Dobles Mora

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