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dimanche 19 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (4ème partie) : Du 16 avril 2004 au 30 avril 2004
Reuters, AP, 23 avril 2004

Irak : Combats à Kerbala et projet américain de réintégration d’anciens bassistes

Suivi de : "La déclaration de Paul Bremer"


KERBALA, Irak (Reuters) - Des combats ont éclaté. vendredi 23 avril 2004, dans la ville irakienne de Kerbala, entre les forces de la coalition et des résistants chiites partisans de l’imam Moqtada al-Sadr.

A Bagdad, l’administrateur américain de l’Autorité provisoire de la coalition (CPA), Paul Bremer, devait s’expliquer sur la réintégration d’une partie des anciens cadres du parti Baas de Saddam Hussein, une décision dénoncée par le responsable Ahmad Chalabi qui compare ce revirement à l’intégration de nazis dans un gouvernement allemand en 1945.


Dans la crise des otages, le ministre allemand de l’Intérieur, Otto Schilly, a confirmé, jeudi 22 avril 2004 au soir, que deux agents de sécurité allemands portés disparus depuis deux semaines en Irak étaient "certainement" ou "très probablement" morts.

Au moins 29 civils étrangers ont péri de mort violente en Irak au cours des mois de mars et avril 2004.

Au total, une cinquantaine de ressortissants étrangers ont été enlevés, la plupart d’entre eux ayant recouvré leur liberté sains et saufs.

Combats à Kerbala

A Kerbala, à 110 kilomètres au sud-ouest de Bagdad, des résistants chiites de "l’armée du Mehdi" de Moqtada al-Sadr ont détruit deux véhicules militaires de la coalition dans le centre de la ville sainte chiite, ont rapporté des témoins.

Un porte-parole du commandement polonais, responsable de ce secteur militaire du Sud-Centre irakien où sont déployés des soldats polonais et bulgares, a confirmé sans plus de détails qu’une fusillade avait éclaté à proximité de l’hôtel de ville.

Les partisans de l’imam Moqtada al-Sadr se sont soulevés au début du mois contre les forces de la coalition. Le dignitaire chiite se trouve lui à Nadjaf, une autre ville sainte chiite.

L’US Army donne "quelques jours" aux résistants de Falloujah

A Falloudja, dans le "triangle sunnite", les armes sont restées silencieuses. Des habitants s’affairaient autour des ruines d’habitations détruites dans les combats acharnés entre US Marines et résistants irakiens.

Une trêve fragile, toutefois ponctuée d’affrontements, tient depuis le début de la semaine dans cette ville de 300000 habitants qui a été le théâtre de combats sans précédent depuis la chute du régime de Saddam Hussein, en avril 2003.

Mais le général James Conway, commandant le 1er Corps expéditionnaire des US Marines, basé dans l’ouest de l’Irak, a donné "quelques jours et non quelques semaines" aux insurgés de la ville pour remettre leurs armes.

Selon des médecins de l’hôpital général de la ville, plus de 600 Irakiens ont été tués dans l’offensive lancée le 5 avril 2004 par les US Marines, six jours après que quatre agents de sécurité américains eurent été tués et leurs corps mutilés et exhibés.

"Rebassification" ?

Falloudja est un bastion de l’insurrection sunnite depuis l’an passé, où l’hostilité de la population contre les Américains a éclaté lorsque les forces américaines ont ouvert le feu sur des manifestants, faisant une quinzaine de morts.

Le mois suivant, l’Autorité provisoire de la coalition démantelait les forces armées irakiennes, les services de sécurité, les ministères de la Défense et de l’Intérieur de l’ancien régime, et limogeait des dizaines de milliers de fonctionnaires afin de purger l’Irak de son passé "baassiste".

Mais cette politique de "débaassification" n’est plus d’actualité, du moins sous sa forme initiale. Les Etats-Unis ont en effet annoncé, jeudi 22 avril 2004, qu’ils réintègreraient certains ex-officiers et hauts fonctionnaires du régime de Saddam Hussein.

Cette révision pourrait même permettre à d’anciens baassistes de siéger au gouvernement intérimaire dont les émissaires de l’ONU tentent actuellement de mettre au point la formule, a déclaré le porte-parole de la Maison blanche, Scott McClellan.

"Cette politique créera des problèmes majeurs dans la transition vers la démocratie, mettra en danger tout gouvernement formé par l’émissaire des Nations Unies Lakdhar Brahimi et provoquera sa chute après le 30 juin", a accusé Ahmad Chalabi, membre influent du Conseil intérimaire de gouvernement irakien (CIG), à Reuters.

"C’est comme autoriser la présence de nazis au sein du gouvernement allemand immédiatement après la Deuxième Guerre mondiale", a-t-il ajouté.

Reuters

La déclaration de Paul Bremer

BAGDAD (AP) - L’administrateur américain en Irak Paul Bremer a annoncé, vendredi 23 avril 2004, un assouplissement de la règle d’exclusion des anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein de la fonction publique et de l’armée. Des milliers d’anciens officiers et enseignants vont ainsi retrouver un travail.

La plupart des dirigeants irakiens ont salué cette décision, estimant qu’une purge sévère était une erreur et qu’elle alimentait l’insurrection anti-américaine.

L’assouplissement pourrait néanmoins rencontrer des objections, en particulier parmi les Kurdes et chiites, qui ont souffert de la répression sous l’ancien dictateur renversé en avril 2003.

"La "dé-baassisation" est une bonne politique mais la façon de l’appliquer devrait changer", a déclaré Paul Bremer à la chaîne de télévision "Al-Iraqiya" financée par les Etats-Unis.

Il a précisé que davantage de militaires ayant servi dans l’armée de Saddam Hussein mais dont le dossier est par ailleurs vierge seraient autorisés à intégrer la nouvelle armée que la coalition conduite par Washington est en train de mettre en place.

Associated Press

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