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AFP, 16 novembre 2008

Informations internationales : Le G20 s’engage à favoriser la relance et à surveiller la finance mondiale


Vue du New York Stock Exchange

L’OCDE a annoncé, jeudi 13 novembre 2008, que ses membres subiraient, en 2009, une contraction de 0,3 % de l’activité, avec une forte hausse du chômage à la clé. Les dirigeants des grands pays développés et émergents (G20) se sont engagés, samedi 15 novembre 2008, à relancer l’économie mondiale, menacée par la récession dans les pays riches et par un net ralentissement ailleurs, tout en renforçant la surveillance du système financier.

Une réunion du G20 à Washington DC, le 15 novembre 2008


Le G20 regroupe le G8 (Allemagne, France, Etats-Unis, Japon, Canada, Italie, Royaume-Uni, Russie + Union européenne), ainsi que l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique et la Turquie. L’Espagne et les Pays-Bas étaient invités. "Nous sommes d’accord (pour dire) qu’une réponse politique élargie, fondée sur la coopération macro-économique, est nécessaire pour rétablir la croissance", indique la déclaration finale du sommet de Washington, organisé après deux mois d’une crise financière inédite depuis les années 1930. Le G20 a énuméré des "actions immédiates" pouvant être adoptées pour empêcher l’économie mondiale de sombrer dans une récession prolongée, suggérant l’utilisation de "mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides" ou des baisses des taux d’intérêt dans certains pays. Le président français, Nicolas Sarkozy, en a conclu que le G20 était d’accord sur la "nécessité d’une relance coordonnée, concertée de l’action économique", comme le réclamaient le Brésil, la Turquie ou l’Espagne, alors que la déclaration ne parle que de "coopération". Même s’il n’a pas obtenu l’instauration d’un super-gendarme de la finance internationale, M. Sarkozy a estimé que le G20 avait réussi à établir "une nouvelle gouvernance économique".

Une réunion du G20 à Washington DC, le 15 novembre 2008

Pour remédier aux causes de la crise, les dirigeants du G20 ont approuvé un "plan d’action", une liste de mesures "à haute priorité" permettant d’améliorer la supervision du système financier, sur lesquelles leurs ministres des Finances devront faire des propositions d’ici au 31 mars 2009. Cinq domaines d’action ont été définis : remise à plat des aspects de la régulation qui exacerbent les crises, harmonisation des normes comptables, amélioration de la transparence des marchés de produits dérivés, révision des pratiques de rémunération des dirigeants de banques pour éviter des prises de risque excessives et "révision du mandat, de la gouvernance et des besoins en capitaux des institutions financières internationales". Pour éviter une répétition de la crise financière, le G20 veut que "tout intervenant, tous les produits et tous les marchés soient réellement soumis à surveillance. Il n’y aura plus de zone d’ombre", selon les explications de la chancelière allemande, Angela Merkel. Toutefois, à la satisfaction des Américains et des Canadiens très attachés à leur souveraineté, le G20 a souligné que "la régulation relève avant tout de la responsabilité des régulateurs nationaux". Il a surtout recommandé une intensification de la "coopération internationale entre régulateurs" et un renforcement des "normes internationales où cela est nécessaire". Sans citer nommément les fonds spéculatifs, échappant actuellement à toute régulation, le communiqué évoque le besoin de "transparence sur les actifs hors bilan et des instruments financiers complexes". D’ici au 31 mars 2009, le G20 demande aussi des propositions pour que les "régulateurs s’assurent que les agences de notation (critiquées pour avoir surévalué des placements de mauvaise qualité) répondent aux normes les plus exigeantes". Comme le souhaitait la France, le G20 met aussi la pression sur les paradis fiscaux, en demandant "à moyen terme" aux autorités nationales et régionales de "mettre en oeuvre des mesures pour protéger le système financier mondial des juridictions non coopératives qui présentent un risque d’activité financière illégale".

Luiz Inacio Lula da Silva en compagnie de George Walker Bush

Les dirigeants ont convenu de se retrouver, avant le 30 avril 2009, pour "vérifier la mise en oeuvre" des décisions prises à Washington. M. Sarkozy a proposé que ce sommet ait lieu à Londres, la Grande-Bretagne assurant, en 2009, la présidence du G20. Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a proposé que le G20 se donne un an pour "achever la nouvelle régulation du système financier". Il n’est cependant plus question d’une réforme globale du système financier, sorte de Bretton Woods 2, souhaitée par certains pays, dont la France.

Kevin Rudd en compagnie de Taro Aso

Pour pallier au risque du protectionnisme, le G20 a pris par ailleurs l’engagement de tenter de relancer, d’ici la fin 2008, le cycle de négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le G20 a également proposé une réorganisation des institutions multilatérales, comme le FMI et la Banque mondiale, pour faire de la place aux grands pays émergents. Il a appelé ces organisations à épauler les pays en détresse en leur fournissant des financements. Il était difficile d’obtenir beaucoup plus du sommet de Washington car, le 20 janvier 2009, le président américain, George W. Bush, laissera la place à Barack Obama, absent du sommet.

Agence France Presse

Manifestation contre le néolibéralisme, à Madrid, le 15 novembre 2008

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