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AFP, 25 novembre 2008

Informations internationales : Un quota de pêche de thon rouge de 22000 tonnes en 2009, selon le WWF qui parle de "honte"


Un banc de thons

La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) a, selon le WWF, fixé, lundi 24 novembre 2008, à 22000 tonnes les prises de thons rouges en 2009, une décision qualifiée de "honte" par l’organisation mondiale de protection de l’environnement. Le quota pour les prises de thons rouges en 2008 était de 28500 tonnes.


Réunie à Marrakech, au Maroc, depuis le 17 novembre 2008, l’ICCAT n’a toujours pas, selon le WWF (Fonds mondial pour la nature), suivi les recommandations de ses propres scientifiques. Ceux-ci prônaient des quotas annuels de 8500 à 15000 tonnes maximum et l’interruption de la pêche pendant la période de reproduction, en mai et juin. Il n’a pas été possible de joindre des responsables de l’ICCAT, lundi 24 novembre 2008 au soir, pour avoir confirmation. "Ce n’est pas une décision : c’est une honte qui ne laisse pas d’autre choix au WWF que de rechercher d’autres moyens pour sauver cette pêche", a déclaré Sergi Tudela, responsable du programme des pêches méditerranéennes au WWF. "Toute alternative est préférable à une organisation (ndlr : l’ICCAT) qui prétend respecter la science, alors qu’en une décennie les prises ont été deux à quatre fois supérieures aux recommandations scientifiques, avec une surpêche légale et illégale massive", a-t-il ajouté depuis Marrakech. "Avec l’ICCAT aux commandes, il est clair que la seule façon de diminuer la pêche (au thon), c’est l’épuisement des stocks", a encore déclaré Sergi Tudela.

Un banc de thons

Cette 16e réunion extraordinaire de l’ICCAT -qui regroupe 46 pays membres-, avait pour objectif d’évaluer la menace que la surpêche fait peser sur le thon rouge dans le bassin méditerranéen et envisager des mesures pour le protéger. Les organisations écologistes et certains pays sont favorables à un moratoire pur et simple. L’Association européenne des thoniers méditerranéens (AETM), qui affirme regrouper 2500 professionnels de France, d’Italie et de Malte, est pour sa part hostile à tout moratoire, mais réclame un renforcement des contrôles pour tous. Selon le WWF, l’Union européenne (UE) a inspiré la décision prise, lundi 24 novembre 2008, par l’ICCAT, avec le soutien du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Egypte, de la Syrie et du Japon. Le Japon avait dans un premier temps décidé de suivre les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, la Norvège, l’Islande et le Brésil, favorables à un quota de 15000 tonnes par an, limite haute des recommandations des scientifiques de l’ICCAT. Selon le WWF et Greenpeace, la réunion de Marrakech a été marquée par des allégations de pressions exercées sur des petits pays pour qu’ils se prononcent en faveur des quotas proposés par l’Union européenne. Il n’a pas été possible de confirmer ces informations. "L’Union européenne (...) a fait pression sur d’autres participants (ndlr : à la réunion de Marrakech) pour qu’ils acceptent des propositions qui ne suivent absolument pas les recommandations des propres scientifiques de l’ICCAT pour réduire de façon substantielle la pêche (au thon) et protéger les zones de reproduction de l’espèce", a indiqué Greenpeace dans un communiqué. La décision prise à Marrakech est "désastreuse et honteuse", ajoute le texte de Greenpeace, qui place maintenant ses espoirs dans la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction).

Agence France Presse

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source