retour article original

samedi 27 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales
GHI, 4 décembre 2008

Informations internationales : Qui garantira la garantie des garanties ?

par Gérard LE ROUX


Vue du New York Stock Exchange

Voici quelques chiffres que j’ai reçus et qui ont le mérite de vous donner une idée de la magnitude de la crise financière actuelle comparée au coût des grandes épopées américaines du passé. Calculés en dollars, les coûts d’origine sont, selon l’auteur, ajustés à l’inflation et à la dépréciation du pouvoir d’achat d’aujourd’hui.


1 -Achat de la Louisiane à la France. Coût : 15 millions, ajusté : 217 milliards.

2 -New Deal de Roosevelt, crise 1932. Coût : 32 milliards, ajusté : 500 milliards.

3 -Seconde guerre mondiale. Coût : 388 milliards, ajusté : 3,6 trillions.

4 -Plan Marshall. Coût : 12,7 milliards, ajusté : 115,3 milliards.

5 -Guerre de Corée. Coût : 54 milliards, ajusté : 597 milliards.

6 -Course pour atteindre la lune. Coût : 34,6 milliards, ajusté : 237 milliards.

7 -NASA. Coût : 416, 7 milliards, ajusté : 851 milliards.

8 -Guerre du Vietnam. Coût : 111 milliards, ajusté : 698 milliards (on a parlé, à l’époque, de 300 milliards).

9 -Crise des caisses d’épargne. Coût : 153 milliards, ajusté : 256 milliards.

10 -Invasion de l’Irak. Coût :551 milliards, ajusté : 698 milliards.

Total : 7,52 trillions de dollars d’aujourd’hui.

Des soldats américains en Irak

Si nous acceptons les chiffres de Bloomberg et de la banque Morgan Stanley estimant que le dépannage de la crise financière a coûté jusqu’à présent 7,5 trillions de dollars, on a déjà dépassé l’intégralité de toutes les dépenses historiques importantes des Etats-Unis (hors guerre de Sécession). On ajoutera à ce chiffre les plans de sauvetage de la Grande-Bretagne et de l’Union européenne qui culminent entre 2 et 3 trillions de dollars. Enfin, la perte de la valeur des actifs dans le monde est estimée à ce jour à 30 trillions de dollars (soit 30000 milliards).

La multiplication quasi lapiniste de ces plans de sauvetage, le montant faramineux des sommes en jeu et la disparition de Lehman Brothers, AIG, etc..., amènent l’homme de la rue à se poser -certes un peu tard- cette question : « Qui garantit la valeur de celui qui a garanti les garanties ? » Je m’explique : les banques qui émettaient des subprimes achetaient parallèlement une garantie appelée CDS (Credit Default Swap) à des assurances ou à d’autres banques. La catastrophe a été totale, lors de l’effondrement du marché des subprimes. Des banques ou des assurances, comme Lehman Brothers ou AIG avaient en effet émis des centaines de milliards de dollars de garanties auxquelles elles ne pouvaient pas faire face. Via son plan de relance, l’Etat américain n’a rien trouvé de mieux que de devenir l’ultime garant de cette gigantesque escroquerie dont on ne voit pas encore le fond. L’Amérique, et les autres, n’auront d’autre solution que de faire marcher la planche à billets. Au final, qui aura encore confiance dans des monnaies fabriquées de toutes pièces et lancées à la pelle dans un gouffre qui a désormais toutes les apparences d’un trou noir ? Ce désastre monétaire s’accompagnera inévitablement d’une catastrophe industrielle. Une bonne partie de l’industrie des pays développés repose en effet sur les crédits qui leur sont accordés par les banques. Au bord de la faillite, celles-ci resserrent les cordons de la bourse et provoqueront des dépôts de bilan à la chaîne. Un iceberg économique dont on ne devine que la pointe actuellement.

Gérard LE ROUX

AUTEURS 

  • Gérard LE ROUX

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source