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dimanche 23 juillet 2017
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Reuters, 4 décembre 2008

Informations internationales : Une centaine d’Etats bannissent les bombes à sous-munitions

par John ACHER, Jean-Loup FIEVET et Grégory BLACHIER


Une bombe à sous-munitions

OSLO (Reuters) - Près d’une centaine de pays ont signé le traité d’Oslo sur l’interdiction des bombes à sous-munitions qui mutilent et tuent des milliers de personnes sur les théâtres d’opération. Mais les grands pays qui fabriquent ce type d’armes, dont les Etats-Unis, la Russie et la Chine, ne se sont pas joints au mouvement. En revanche, dix-huit des vingt-six Etats membres de l’OTAN, y compris la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ont apposé leur signature sur ce traité, salué comme un grand succès par le pays hôte, la Norvège.

Des sous-munitions


Les bombes à sous-munitions renferment des dizaines, voire des centaines de sous-munitions qui s’éparpillent sur un vaste territoire. Pour leurs détracteurs, ces engins tuent aveuglément et, comme toutes les sous-munitions n’explosent pas au contact du sol, ils peuvent présenter un danger mortel pour les civils, tout particulièrement les enfants, pendant des années. La convention sur les bombes à sous-munitions, adoptée par 107 Etats en mai à Dublin, interdit l’usage, la fabrication, le stockage et le commerce de semblables armes. Aux termes du traité, les pays sont tenus de détruire leurs stocks dans un délai de huit ans et de nettoyer les zones contaminées moins de dix ans après l’entrée en vigueur du texte. Cette période sera réduite à six mois lorsque trente pays auront ratifié la convention. Les Etats signataires devront aussi apporter aide et assistance aux victimes des bombes à sous-munitions, à leurs familles et aux communautés touchées. Selon un responsable, quatre pays vont déposer leurs instruments de ratification immédiatement après avoir signé la convention d’Oslo : l’Irlande, la Norvège, le Saint-Siège et la Sierra Leone.

Des sous-munitions

"Aujourd’hui, nous confirmons que les bombes à sous-munitions sont interdites à jamais", a lancé le chef du gouvernement d’Oslo, Jens Stoltenberg, premier à signer dans le cadre d’un processus étalé sur deux jours. "Cette convention fera du monde un endroit plus sûr et meilleur à vivre", a-t-il ajouté. En fin de journée, 92 des 125 pays inscrits à la conférence d’Oslo avaient ratifié ce traité, à l’occasion d’une cérémonie de signature organisée à l’Hôtel de ville, qui accueille, chaque année, la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix. Des responsables ont dit espérer dépasser les cent signatures d’ici jeudi 4 décembre 2008 au soir. "Nous espérons voir d’autres (pays) signer dans les semaines, les mois et les années à venir", a dit devant la presse le chef de la diplomatie norvégienne, Jonas Gahr Stoere.

Une victime des sous-munitions

Certains des plus proches alliés de Washington ont appelé la Maison Blanche et d’autres pays à se joindre à cette convention. "J’appelle ces Etats qui n’ont pas encore signé à suivre notre exemple et à renoncer aux bombes à sous-munitions dans le futur", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. "Le seul accord véritable est un accord international", a souligné de son côté son homologue britannique David Milliband. Les Etats-Unis ne semblaient pas toutefois pas enclins à changer d’avis cette semaine, le département d’Etat ayant rappelé son opposition au traité en avançant des motifs humanitaires. Une interdiction totale "mettra en danger les vies de nos soldats et de ceux de nos partenaires de coalition", a expliqué la diplomatie américaine.

John ACHER, Jean-Loup FIEVET et Grégory BLACHIER

Une victime des sous-munitions

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