retour article original

dimanche 30 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en France
AP, 11 décembre 2008

Corruption : Jean-Charles Marchiani serait sur la liste de Nicolas Sarkozy des détenus méritants à gracier


Des coursives cellulaires à la prison de la Santé

L’ancien préfet du Var, Jean-Charles Marchiani, qui purge actuellement une peine de trois ans d’emprisonnement ferme pour corruption, ferait partie des quelque dizaines de détenus qui pourraient bénéficier d’une grâce présidentielle pour un comportement particulièrement exemplaire en détention, affirme, jeudi 11 décembre 2008, la CGT-Pénitentiaire qui dénonce ces "pratiques scandaleuses".

France


Le nombre de personnes incarcérées en France au 1er novembre a augmenté de 0,9 % par rapport au 1er octobre 2008, passant de 63185 à 63750 détenus. Depuis son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy, qui a le droit de faire grâce en vertu de l’article 17 de la Constitution, a toujours manifesté son hostilité aux mesures de grâce collective. Contrairement à ses prédécesseurs, qui ont souvent utilisé ce pouvoir régalien pour limiter le surpeuplement des prisons, il a refusé de gracier collectivement des détenus à l’occasion du 14 Juillet. M. Sarkozy reconnaît en revanche l’utilité de grâces individuelles "pour des raisons humanitaires ou exceptionnelles".

Nicolas Sarkozy

Jean-Charles Marchiani comparaît actuellement devant le tribunal correctionnel de Paris dans une affaire de vente d’armes présumée illicite vers l’Angola. Dans une lettre adressée, le 21 novembre 2008, à la ministre de la Justice, Nicolas Sarkozy demandait à la garde des Sceaux de lui transmettre "avant le 4 décembre prochain les dossiers de condamnés" dont le comportement a été particulièrement exemplaire en détention. Il a demandé que leur nombre soit limité à quarante pour pouvoir examiner personnellement tous les dossiers. "Après avoir offert de multiples cadeaux, des milliards d’euros à ses amis actionnaires, banquiers et spéculateurs, le Père Nicolas va-t-il relâcher des proches du pouvoir", s’interroge la CGT dans un communiqué. Avant de donner la réponse : "dans les cris et le tumulte des prisons françaises surpeuplées, un murmure gronde. En effet, le Père Nicolas ferait libérer un proche en la personne de l’ex-préfet Marchiani". "Décidément, les critères de méritocratie du pouvoir sont bien particuliers. Quel acte de bravoure que de séjourner dans le quartier VIP de la prison de Paris-la-Santé", s’étonne le syndicat, estimant que cette "libération se fera en catimini, à l’ombre de ce qu’il nous reste de démocratie". Et de dénoncer des "pratiques scandaleuses" à l’heure où l’on fête le 60e anniversaire des Droits de l’Homme.

Associated Press

Jean-Charles Marchiani

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source