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AFP, 16 décembre 2008

Informations internationales : Les Taser peuvent tuer et doivent être utilisés en dernier recours


Un taser

Les pistolets à impulsions électriques Taser peuvent tuer et leur recours par la police doit être réservé aux situations extrêmes, a prévenu, mardi 16 décembre 2008, Amnesty International, dans un rapport sur l’utilisation de cette arme aux Etats-Unis.

Un taser


Le Taser permet de neutraliser un suspect en libérant une décharge de 50000 volts qui bloque le système nerveux. Cette arme, utilisée par les forces de l’ordre de plusieurs dizaines de pays dont les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne ou la France, est présentée comme une alternative moins dangereuse aux armes à feu. Fin novembre 2008, Amnesty avait critiqué la décision du gouvernement britannique d’acquérir 10000 Taser pour équiper les polices anglaise et galloise, qui ne portent pas d’armes à feu de façon régulière. En France, l’importateur français du Taser a été débouté, fin novembre 2008, par le Tribunal de grande instance de Paris, de son action en diffamation contre le porte-parole de la LCR (trotskyste) Olivier Besancenot. Ce dernier, se basant précisément sur un rapport d’Amnesty, avait affirmé que le Taser avait provoqué des morts aux Etats-Unis.

Un taser

Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme, dont le siège est à Londres, 334 personnes sont mortes, aux Etats-Unis, entre 2001 et août 2008, après avoir subi le choc électrique d’un Taser. Cette arme n’a toutefois "provoqué ou contribué à" donner la mort de façon directe que dans une cinquantaine de cas, selon les conclusions des experts citées par Amnesty. "Les Taser ne sont pas les armes "non-létales" qu’on a décrites", écrit l’auteur du rapport, Angela Wright. "Ils peuvent tuer et ne devraient être utilisés qu’en dernier recours", selon la chercheuse américaine. "Le problème avec les Taser, c’est qu’ils sont par nature sources d’abus, car ils sont faciles à transporter et à utiliser, et rien qu’en appuyant sur un bouton, ils peuvent provoquer une forte douleur sans laisser de traces importantes", souligne Mme Wright. Le rapport, qui s’appuie notamment sur les résultats d’une centaine d’autopsies aux Etats-Unis, relève qu’environ 90 % des personnes décédées après avoir été "tasérisées" n’étaient pas armées et ne semblaient pas représenter une menace grave pour quiconque. Amnesty cite l’exemple d’un médecin qui avait eu un accident de voiture après une crise d’épilepsie. "Il est mort après avoir subi plusieurs chocs (au Taser, NDLR) sur le bord de l’autoroute, parce que, en raison de son état de confusion et d’hébétude, il ne pouvait répondre aux ordres des policiers", écrit le rapport. L’organisation cite également des cas d’utilisation du Taser contre des femmes enceintes, de jeunes écoliers ou des personnes âgées atteintes de démence.

Agence France Presse

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source