Au moins 140 Palestiniens ont été tués, samedi 27 décembre 2008, dans des raids de l’armée de l’air israélienne dans la bande de Gaza, a affirmé à l’AFP le ministre de la Santé du Hamas, Bassem Naïm.
L’armée israélienne a confirmé avoir lancé, samedi 27 décembre 2008, des attaques aériennes massives contre la bande de Gaza. Ces raids sont intervenus en riposte aux tirs de roquettes palestiniennes contre le sud d’Israël, ces derniers jours, et s’appuient sur un vaste consensus en Israël. Selon un journaliste de l’AFP, l’aviation israélienne a lancé des dizaines de raids simultanés contre les installations du Hamas dans toute la bande de Gaza. "Notre aviation est intervenue massivement contre les infrastructures du Hamas dans la bande de Gaza pour stopper les attaques terroristes de ces dernières semaines contre les agglomérations civiles israéliennes", a affirmé à l’AFP Avi Benyahou, un porte-parole militaire. "Nous avons prévenu la population civile de la bande de Gaza de nos attaques, et le Hamas qui s’abrite au sein de cette population est le seul responsable de la situation", a-t-il ajouté. L’opération "ne fait que commencer", a affirmé un porte-parole militaire israélien, Avi Benyahou, à la radio militaire. Selon la radio militaire israélienne, des infrastructures militaires du Hamas ont été particulièrement visées dans ces attaques. "Ce n’est que le début d’une opération lancée après une décision du cabinet. Cela peut prendre du temps. Nous n’avons pas fixé de délai et nous agissons en fonction de la situation sur le terrrain", a affirmé le porte-parole militaire, Avi Benyahou, à la radio militaire. Interrogé sur l’éventualité d’une opération terrestre, le porte-parole a répondu : "Tsahal (l’armée israélienne) dispose d’un large éventail de moyens auxquels elle aura recours si nécessaire". Il a précisé que "l’aviation israélienne a visé des camps d’entraînement militaire, des bureaux gouvernementaux, des arsenaux, et des centres de commandement relevant tous du Hamas terroriste". Selon lui, "le secret sur cette opération a été soigneusement maintenu et la surprise a été totale (...) La plupart des victimes sont des gens en uniformes du Hamas".
Fawzi Baroum, porte-parole du Hamas, a affirmé à la radio du mouvement islamiste que ces opérations étaient "un complot orchestré" après la rencontre, jeudi 25 décembre 2008, entre le président égyptien, Hosni Moubarak, et la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni. Il a accusé l’Egypte d’avoir donné son feu vert à Israël pour lancer ces opérations dont les dirigeants israéliens avaient brandi la menace depuis plusieurs jours. "Ca suffit ! La situation va changer", avait martelé Mme Livni, à l’issue de son entretien avec Hosni Moubarak, en commentant l’escalade de la violence depuis l’expiration, le 19 décembre 2008, d’une trêve de six mois entre le Hamas et Israël, négociée par l’entremise de l’Egypte. Le Premier ministre, Ehud Olmert, a annoncé, en fin de semaine, qu’il tiendrait des "consultations sur la sécurité" dimanche 28 décembre 2008.
"Au moins 140 personnes ont péri dans ces opérations et plus d’une centaine d’autres ont été blessées dans toute la bande de Gaza", a déclaré le ministre. La radio du Hamas et les services d’urgence du territoire avaient fait état auparavant de 120 morts. Selon la radio, 70 des victimes ont été tuées dans la ville de Gaza et 50 autres dans plusieurs localités et camps de réfugiés de la bande de Gaza. Plus d’une centaine de personnes ont aussi été blessées dans ces opérations lancées vers 11h30, a ajouté la radio. Le général Tawfik Jaber, chef de la police du Hamas, a été tué dans ces opérations qui ont tout particulièrement visé le quartier général de la police du Hamas dans la ville de Gaza, selon les sources palestiniennes. Dans un communiqué, le Hamas a appelé son bras armé, les brigades Ezzedine Al-Kassam, à "mettre tous les moyens en oeuvre pour empêcher les sionistes de dormir".
Agence France Presse