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dimanche 19 février 2017
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AFP, 9 janvier 2009

Corruption : Enquête préliminaire visant Charles Millon, l’ancien ministre français de la Défense


Vue du Palais de Justice de Paris

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant l’ancien ministre de la Défense, Charles Millon, sur d’éventuelles malversations au sein d’une entreprise de biocarburants dont il fut l’un des dirigeants, a-t-on appris, vendredi 9 janvier 2009, de source judiciaire. Cette enquête, ouverte, le 23 décembre 2008, pour "abus de biens sociaux, faux et recel", a été confiée à la brigade financière, a-t-on précisé de même source.

L’ancien ministre de la Défense (1995-1997) Charles Millon, âgé de 63 ans, a été battu, en septembre 2008, aux élections sénatoriales, dans l’Ain, où il tentait un retour en politique avec le soutien de l’UMP, dix ans après sa démission forcée de la présidence du conseil régional de Rhône-Alpes, où il s’était allié au Front National.

France


Créé en 2007, Agroed avait pour objet d’aider des pays africains à la production de jatropha, une plante susceptible d’être transformée en carburant, précise Marianne. Mais, atteint par des difficultés financières, le groupe proche de M. Millon à l’origine de l’entreprise a dû céder sa place à une nouvelle direction, après une augmentation de capital opérée par son principal bailleur de fonds, Agroed. C’est cette nouvelle direction et le principal actionnaire qui ont porté plainte après avoir découvert dans la comptabilité d’Agroed des contrats suspects qu’ils estiment "contraires à l’intérêt de l’entreprise". Les investigations portent sur d’éventuels détournements, évalués à plus de 150000 euros, qui auraient été opérés au préjudice de la société Agro Energie Développement (Agroed), spécialisée dans les biocarburants. M. Millon en a été actionnaire et membre du conseil de surveillance, selon l’hebdomadaire Marianne qui fait également état de cette enquête dans son édition à paraître samedi 10 janvier 2009. L’ouverture de cette enquête préliminaire fait suite à des plaintes simples déposées, en janvier 2009, par le président d’Agroed et le principal actionnaire de l’entreprise, le groupe d’investissement parisien LMBO. Les plaignants dénoncent la réalité de prestations payées en contrepartie de contrats passés par Agroed avec trois sociétés dont l’une, Intelstrat, avait également M. Millon pour actionnaire. Parmi les autres personnes visées par la plainte figurent les autres actionnaires de ces sociétés, des proches de M. Millon dont son ancienne directrice de cabinet, devenue responsable de la communication d’Agroed, et l’ancien directeur d’Agroed. Les prestations contestées concernent notamment des frais de bouche et de déplacement ou la location de locaux, a précisé une source judiciaire.

Agence France Presse

Charles Millon

Le respect de la préomption d’innocence bafoué

9 février 2009   [retour au début des forums]

Selon les explications trouvées sur le net, il ne s’agit pas de corruption. Ce qui serait reproché serait un abus de biens sociaux si tant est qu’il soit établi.

Il faut rester très prudent en l’espèce puisque Monsieur Millon est le fondateur de la société qui a été rachetée. Ce sont les racheteurs qui ont déposé plainte, ce qui est courant dans les affaires, l’investisseur cherchant à diminuer au maximum son prix d’acquisition.

La présomption d’innocence commande à ce que Monsieur Millon, au même titre que n’importe quelle personne mise en cause, bénéficie de la présomption d’innocence. C’est du moins ce qui est prévu dans la convention européenne des droits de l’homme que la France respecte assez peu.

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source