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Le Temps, 20 janvier 2009

Informations internationales : Violent retour de flamme de la crise bancaire

par Pierre-Alexandre SALLIER


Vue du New York Stock Exchange

Soudain, le secteur bancaire semble revenu quatre mois en arrière. Comme lors de la faillite de Lehman Brothers, chaque journée est rythmée par son lot de nouvelles désastreuses. Après les pertes de Citigroup et Bank of America, vendredi 16 janvier, le déficit dévoilé par la Royal Bank of Scotland (RBS) a de nouveau semé la panique, lundi 19 janvier 2009.

Vue d siège de Citigroup, à New York


Comme à la fin de l’été 2008, ces alertes font immédiatement dévisser toutes les banques en bourse. Sur la seule journée de lundi 19 janvier 2009, les actions Credit Suisse ont perdu 6,7 % de leur valeur. Celles d’UBS ont plongé de 25 % en dix jours, alors que court le bruit de considérables pertes trimestrielles. Et, comme en septembre 2008, la rumeur devient poison mortel. Vendredi 16 janvier 2009, les doutes autour d’une recapitalisation de Barclays -pourtant en relative bonne santé- ont fait s’écrouler ses actions de 25 %. Et tout le monde a retenu son souffle en entendant Kenneth Lewis, le patron de Bank of America, expliquer comment il avait été sur le point d’abandonner Merrill Lynch à son sort, avant de se raviser sous la pression de Washington ; qui a dû fournir une rallonge 20 milliards de dollars supplémentaires et garantir un portefeuille d’actifs « toxiques » de 118 milliards de dollars. Cette rechute des « subprime » intervient alors que les gouvernements croyaient pouvoir maintenir à flot leurs banques à coup d’injections massives de fonds publics. La Confédération suisse va reprendre à son compte 60 milliards de francs d’actifs toxiques à UBS -et lui a fourni de 6 milliards de fonds propres. Paris a débloqué un prêt de 21 milliards d’euros. Berlin a déjà pris le contrôle de 25 % du capital de la Commerzbank dans le cadre de son plan de 18 milliards d’euros. Londres a dévoilé, lundi 19 janvier 2009, son deuxième effort de soutien aux banques en trois mois, en montant à 70 % au capital de RBS. De leur côté, les Etats-Unis s’apprêtent à débloquer la seconde enveloppe de 350 milliards de dollars du plan Paulson.

Tous les regards sont tournés vers l’équipe de Barack Obama, censée dévoiler, dès son installation, un nouveau plan de sauvetage. La presse américaine évoque une gigantesque fondation de valorisation, dans laquelle seraient cantonnés les actifs « toxiques ». La solution britannique d’entrée de l’Etat au capital des établissements -suivie par Washington en octobre 2008- ne semble plus la panacée. Même si la donne change avec l’accession au pouvoir de Barack Obama, on reste dans une impasse, politique tout autant que financière : comment la nouvelle administration pourra-t-elle obtenir des parlementaires les 1000 milliards de dollars supplémentaires qu’est censée coûter cette structure de « défaisance » ? » se désole Patrick Bolton, professeur d’économie à la Columbia Business School. Cette rechute arrive d’autant plus mal que la paralysie de la mécanique du crédit semblait peu à peu se débloquer aux Etats-Unis, grâce à l’intervention sans précédent de la Réserve fédérale.

Pierre-Alexandre SALLIER

Vue du siège de Bank of America, à Charlotte

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