Un gardien de prison turc, jugé pour torture présumée d’un détenu ayant entraîné la mort, a reconnu, jeudi 22 janvier 2009, au cours de son procès, que la victime avait été battue, a rapporté l’agence de presse Anatolie. A la deuxième audience du procès, l’accusé a témoigné avoir vu des gardiens de prison frapper au visage et à la tête Engin Ceber, mort, le 10 octobre 2008, à l’âge de 29 ans, à la prison de Metris, à Istanbul.
Militant de gauche, Engin Ceber a été arrêté, le 28 septembre 2008, avec trois autres militants, alors qu’ils manifestaient contre l’impunité dont avait, selon eux, bénéficié un policier ayant fait feu, un an plus tôt, sur un de leurs camarades aujourd’hui paralysé. Selon le rapport d’autopsie, Engin Ceber qui avait été hospitalisé dans le coma, a reçu des "coups violents" ayant entraîné une hémorragie cérébrale mortelle. Soixante fonctionnaires turcs comparaissent, depuis mercredi 21 janvier 2009, devant un tribunal d’Istabul, parmi lesquels trois directeurs du centre pénitentiaire de Metris, trente-neuf gardiens de prison, treize policiers, quatre gendarmes et un médecin. Le ministère public a inculpé quatre gardiens de prison pour actes de torture aggravés, un crime passible de l’emprisonnement à vie. Dix-sept prévenus encourent de deux à cinq ans de prison pour maltraitance et six autres risquent de quatre mois à un an de prison pour coups et blessures volontaires. Les autres accusés doivent répondre de délits moindres comme négligence, abus de pouvoir, non-dénonciation d’un crime commis par un agent public et rédaction par un agent de santé d’un faux rapport.
L’affaire qui a provoqué une profonde indignation en Turquie, est suivie de près par les défenseurs des droits de l’Homme, qui affirment avoir constaté une recrudescence de la torture et des mauvais traitements en Turquie, pays candidat à l’entrée dans l’Union européenne. Lors de l’ouverture du procès, mercredi 21 janvier 2009, les six accusés, qui risquent les plus lourdes peines, ont nié toute responsabilité, affirmant qu’Engin Ceber semblait malade, qu’il avait refusé de se lever et qu’il était tombé par terre en se cognant la tête contre un mur lorsque les gardiens avaient tenté de le soulever. Mais un gardien de la prison, Yilmaz Aydogdu, a déclaré devant le tribunal qu’il avait vu Engin Ceber être battu, les 6 octobre et 7 octobre 2008, après avoir refusé de se lever pour l’appel. Il a assuré qu’il avait tenté de stopper ses collègues. Yilmaz Aydogdu a dénoncé quatre gardiens qui auraient frappé à la tête Engin Ceber, dans la cour de la prison, avant de le traîner à coups de pied et de poing, selon l’agence Anatolie.
Agence France Presse