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Le Monde, 12 février 2009

Corruption : Malversations, menaces et scandales discréditent des élus francophones belges

par Jean-Pierre STROOBANTS


Vue d’Huy

Maires déchus, scandales, menaces : le monde politique francophone belge a choisi l’impopularité. Tout a commencé avec les ennuis d’Anne-Marie Lizin, maire de Huy et ancienne présidente du Sénat. Cette figure marquante du Parti socialiste (PS) francophone a, semble-t-il, abusé d’une carte de crédit appartenant à l’hôpital public de sa ville. Pour voyager, se payer des coiffeurs et même des chocolats. Après des tergiversations, son parti a décidé, le 27 janvier 2009, de l’exclure de son groupe sénatorial et entend la priver de son mandat de maire.

Belgique


L’affaire aurait pu être du pain bénit pour le Mouvement réformateur (MR, libéral), engagé dans un combat rageur avec le PS afin de rester le premier parti de Wallonie, lors des élections régionales, en juin 2009. Problème : le parti du vice-premier ministre, Didier Reynders, a récemment subi à son tour un joli couac à Charleroi. Dans cette ville longtemps dominée par le PS, un homme, Philippe Sonet, avait déclenché une vague de dénonciations. Elle avait permis de mettre au jour une série d’abus, de concussions, de malversations qui, électoralement, coûtèrent cher au parti du président socialiste Elio Di Rupo. Or, jusqu’il y a quelques jours, M. Sonnet avait "oublié" de signaler qu’il connaissait lui-même des soucis avec la justice pour ne pas avoir fait de déclaration d’impôts ces dernières années.

Philippe Sonnet

Une chance pour le MR : une enquête judiciaire visant l’ancien maire socialiste de Charleroi, Jean-Claude Van Cauwenberghe, a entretemps été ouverte à propos de son implication présumée pour trafic d’influence dans deux dossiers douteux. Oui, mais un maire libéral, Richard Fournaux, à Dinant, est accusé de mauvaise gestion et est cité dans une affaire concernant le casino de sa ville. Son ministre régional (PS) de tutelle l’incite à faire "un pas de côté". Avantage libéral ? De courte durée. Depuis le 1er février 2009, un ministre PS est mis en cause pour les menaces que son entourage aurait adressées à un député trop remuant. Michel Daerden, ministre régional PS du budget, est par ailleurs réviseur d’entreprises. Bernard Wesphael, élu écologiste, dénonce le fait que l’entreprise de M. Daerden contrôle des organes publics dépendant de son département. Cela lui aurait valu des menaces explicites de "gros bras", comme il dit, et il réclame une protection.

Michel Daerden

Avantage au MR ? Eh non, car le maire libéral de Braine-l’Alleud, dans le Brabant wallon, serait cité devant la justice pour une violente altercation avec un de ses administrés. Soucieux de ne pas être en reste, le troisième des partis francophones, le Centre démocrate humaniste, a, lui aussi, son scandale : la vente, en 2006, pour 670000 euros, d’un bâtiment appartenant à la ville de Mouscron n’aurait pas renfloué les caisses de celle-ci mais le club de foot préféré du maire, Jean-Pierre Detremmerie. Ce dernier nie toute malversation. La justice enquête.

Jean-Pierre STROOBANTS

Jean-Pierre Detremmerie

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