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Le Monde, 1er juillet 2009

Proche Orient : Persécutions administratives juives à l’encontre des Palestiniens

par Michel BÔLE-RICHARD


Vue de la colonie juive d’Adam, le 29 juin 2009

Selon de nouvelles règles draconiennes édictées par les autorités israéliennes le 8 mars, il est désormais pratiquement impossible pour un habitant de la bande de Gaza de revenir ou de s’installer en Cisjordanie que ce soit pour des raisons humanitaires ou dans le cadre de regroupement de familles.

Cisjordanie


Après le dépôt de nombreuses pétitions devant la justice par deux organisations non gouvernementales (ONG) israéliennes, Gisha (Centre légal pour la liberté de déplacement) et Hamoked (Centre pour la défense de l’individu), ces dernières ont obtenu de l’administration un document qui expose dans le détail le labyrinthe administratif et les conditions très strictes auxquels les requérants doivent se soumettre pour espérer sortir de la prison à ciel ouvert qu’est devenue la bande de Gaza. Pour ne citer que quelques-unes des barrières qu’il est nécessaire de franchir : il faut avant tout que le demandeur comme la famille d’accueil n’ait jamais eu maille à partir avec les services de sécurité ; les cas susceptibles d’être examinés ne concernent que les liens de parenté au premier degré et à condition que ce soit pour des raisons médicales ; il faut en outre avoir moins de 16 ans ou plus de 65 ans. Le permis sera accordé pour six mois renouvelable une fois, puis soumis, chaque année suivante et cela pendant sept ans, à un nouvel accord avant que la personne concernée puisse se voir accorder un permis de résidence en Cisjordanie. Les autorités israéliennes sont officiellement chargées des registres d’état civil de la population palestinienne dans les territoires occupés. Depuis septembre 2000, date du début de la seconde Intifada, la mise à jour des registres n’a pas été effectuée. Ce qui a pour conséquence que nombre de Palestiniens vivant en Cisjordanie mais nés à Gaza sont susceptibles d’être renvoyés dans ce territoire. Quant aux autres, ils sont condamnés à rester sur place s’ils ne remplissent pas les conditions énoncées.

Des Palestiniens devant les décombres de leur maison détruite par les juifs, à Jérusalem-Est, le 30 juin 2009

"En bloquant presque complètement la possibilité de se rendre de Gaza en Cisjordanie, Israël sépare les parents de leurs enfants, les maris de leurs femmes et dénie aux Palestiniens le droit fondamental à une vie familiale ainsi que le droit de choisir sa résidence", dénoncent les deux ONG. Pour Joël Greenberg, de Hamoked, "cette procédure constitue une escalade supplémentaire de la politique israélienne de séparation entre les deux entités et un isolement accru de la bande de Gaza". Comme si un mur de plus en plus infranchissable était érigé entre les deux territoires. Toutefois, ce constat n’est valable que dans un sens, car cette politique vise à encourager les Gazaouis de Cisjordanie à retourner dans l’enclave pour retrouver leur famille. "C’est un aller simple. Pour Israël, la bande de Gaza est comme un trou noir. On y jette les Palestiniens et on ne s’en occupe plus", fait remarquer Yadin Elam, avocat de Gisha.

Michel BÔLE-RICHARD

Des Palestiniens devant le mur israélien, à Kalandia, le 30 juin 2009

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