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AFP, 9 juillet 2009

Algérie : Les moines de Tibéhirine ont été tués par le GIA, assure un ex-membre


Les moines de Tibéhirine

L’ancien chef du Groupe islamique armé (GIA), Abdelhak Layada, affirme que les religieux ont été exécutés par son mouvement en 1996 en Algérie.

Algérie


L’ancien chef du Groupe islamique armé (GIA), Abdelhak Layada, a affirmé, jeudi 9 juillet 2009, que les moines de Tibéhirine avaient été exécutés par son mouvement, en 1996, en Algérie, réagissant à la déposition d’un ancien officier français qui a mis en cause l’armée algérienne. Le GIA, qui avait promis de faire la guerre à la France, avait revendiqué, le 26 avril 1996, l’enlèvement des sept religieux et proposé de les échanger contre ses militants détenus. Le 23 mai 1996, l’organisation annonçait avoir décapité les captifs, en accusant le gouvernement français d’avoir « trahi » les négociations. Selon Abdelhak Layada, les « services secrets français ont doublé les autorités algériennes et traité directement avec les ravisseurs ». Il a estimé que les services secrets français avaient commis « une grande trahison », car ils « n’ont pas informé les autorités algériennes quant à leurs négociations avec le GIA pour la libération d’Abdelhak Layada ». Cet ex-chef islamiste a également dénoncé une « deuxième trahison », évoquant le « non-respect par les Français de l’accord conclu avec le GIA pour la libération des moines ». « L’attaché militaire à l’ambassade de France à Alger (...) qui a donné son accord préliminaire pour ma libération n’a été en fait engagé que pour espionner le GIA », a encore accusé Abdelhak Layada, dont un entretien est également publié par le journal Le Temps. « C’est pour cette raison que le GIA a décidé d’achever les sept moines ».

Djamel Zitouni

« Les assassinats ont été commis par Djamel Zitouni (alors chef du GIA), à la suite des tergiversations du renseignement français », a-t-il déclaré au quotidien arabophone algérien El Khabar. « Les négociations qu’il menait avec les Français concernaient ma libération contre la libération des moines. Les Français ont tardé à répondre s’ils acceptaient de négocier ou non avec le GIA. C’était la cause de l’échec », a-t-il ajouté. Officiellement, les sept moines français ont été tués par le GIA. Mais le général français à la retraite François Buchwalter, ancien attaché de Défense à Alger, a attribué leur massacre à une « bavure » de l’armée algérienne, dans une récente déposition devant le juge antiterroriste chargé de l’enquête en France. Abdelhak Layada, condamné à mort, en 1993, par la justice algérienne, après avoir été extradé du Maroc, a été libéré, en 2006, dans le cadre d’un programme de « réconciliation nationale » voulu par le président algérien, Abdelaziz Bouteflika.

François Buchwalter

Interrogé par El Khabar sur les motivations du rapt des moines, Abdelhak Layada a répondu que le GIA avait « pris en flagrant délit de prosélytisme les moines dans la région où ils se trouvaient ». « Ce n’est qu’après les avoir capturés que l’idée de monnayer ma libération avec la leur a germé », a-t-il ajouté.

Agence France Presse

Abdelhak Layada

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source