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Le Monde, 22 juillet 2009

Côte d’Ivoire : L’entourage de Mme Gbagbo est accusé d’être impliqué dans la disparition du journaliste Guy-André Kieffer


Vue d’Abidjan

Aain Gossé, qui se présente comme un major de l’armée ivoirienne, affirme que l’entourage de l’épouse du président ivoirien, Simone Gbagbo, est impliqué dans la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, dans une interview diffusée, mercredi 22 juillet 2009, sur France 3.

Côte d’Ivoire


Guy-André Kieffer a été vu vivant pour la dernière fois le 16 avril 2004, sur un parking d’Abidjan, alors qu’il avait rendez-vous avec Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo. Son corps n’a jamais été retrouvé. M. Legré est le seul mis en examen dans ce dossier d’"enlèvement et séquestration en bande organisée" avec M. Oulaï. Les juges d’instruction Patrick Ramaël et Nicolas Blot s’étaient déplacés en Côte d’Ivoire, en avril 2009, où ils avaient pu interroger Mme Gbagbo, ainsi que le ministre d’Etat ivoirien chargé du plan, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, souvent visé par M. Kieffer dans ses articles.

Guy-André Kieffer

Interviewé, le 23 avril 2009, en Côte d’Ivoire, par le journaliste de France 3 Joseph Tual, M. Gossé estime que, dans la disparition, en avril 2004, de M.Kieffer, "Mme Gbagbo n’est pas trop trop impliquée", ajoutant : "c’est son cabinet oui ! Sa garde rapprochée !". Ce témoin, qui a quitté la Côte d’Ivoire depuis cette interview, affirme avoir été de permanence à la présidence le 16 avril 2004 et avoir alors vu le journaliste Guy-André Kieffer. "Il était dans une petite cellule, c’est des endroits où on gardait souvent des individus suspects", explique-t-il dans l’interview diffusée dans le "12-13" de France 3 mercredi 22 juillet 2009. "De la cellule, j’ai échangé avec lui par le grillage, on a causé, il m’a demandé de l’eau et des cigarettes", rapporte-t-il. Selon lui, trois hommes, Seka Yapo Anselme, chargé de la sécurité de la première dame, Patrice Baï, à l’époque chef de la sécurité de la présidence, et Jean-Tony Oulaï, soupçonné d’avoir dirigé le commando auteur de l’enlèvement et actuellement en détention provisoire en France, ont participé aux "interrogatoires" de M. Kieffer. Ils l’auraient en particulier interrogé sur les enquêtes menées par le journaliste indépendant sur la filière cacao, principale richesse ivoirienne. A l’issue de ces interrogatoires, "ils sont venus avec quatre ou trois véhicules (...) et sont partis" avec Guy-André Kieffer. "De bouche à oreille, nous apprenons que ce monsieur [Kieffer] a été tiré par erreur. M. Oulaï voulait donner des sommations pour qu’il puisse avoir peur pour parler", poursuit M. Gossé.

Avec AFP

Simone Gbagbo

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