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lundi 27 février 2017
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Reuters, 6 août 2009

Informations internationales : Le CICR demande à moderniser les Conventions de Genève

par Jonathan LYNN et Guy KERIVEL


Le siège du CICR, à Genève, en Suisse

À une semaine du 60e anniversaire de la signature des Conventions de Genève de 1949, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) souligne la nécessité de moderniser ces textes qui protègent les personnes en cas de conflit armé.

Une guest house attaquée par des rebelles de la LRA, à l’aérodrome de Nagero, en République démocratique du Congo


Les Conventions de Genève sont des traités internationaux fondamentaux dans le domaine du droit international humanitaire. Elles définissent des règles de protection des personnes en cas de conflit armé, notamment les soldats de certaines actions, les blessés et prisonniers de guerre, mais aussi les civils et leurs biens. La première Convention de Genève date de 1864, mais les sept textes actuellement en vigueur sont les quatre Conventions de Genève du 12 août 1949, les deux protocoles additionnels du 8 juin 1977 et le troisième protocole additionnel de 2005.

Une victime des rebelles de la LRA est soignée dans un hôpital de Ngalima, en République démocratique du Congo

L’évolution de la nature des conflits -de plus en plus de guerres civiles menées par des groupes de militants et non plus par des armées conventionnelles- rend indispensable cette révision des conventions, a dit le président du Comité international de la Croix-Rouge, le Suisse Jakob Kellenberger, mercredi 5 août 2009, dans une interview à Reuters. Ces textes sur le droit humanitaire international sont plus que jamais nécessaires et empêchent de terribles conflits comme celui du Darfour d’être encore plus catastrophiques, a-t-il ajouté. La distinction entre combattants et non-combattants doit être aujourd’hui clarifiée, les affrontements concernant de plus en plus d’"acteurs non-étatiques armés" -c’est ainsi que le langage diplomatique désigne les groupes activistes. "Il est tout à fait évident que le non-respect du droit humanitaire par ces "acteurs non-étatiques armés" est un gros problème", déclare Jakob Kellenberger. Travailler avec les groupes rebelles pose toutes sortes de problèmes, ne serait-ce que pour entrer en contact avec eux, souvent dans des zones difficiles d’accès et pleines de danger. Il n’est pas évident non plus de savoir à qui s’adresser, et qui est responsable de quoi dans ces mouvements. Pour le président du Comité international de la Croix-Rouge, il ne fait aucun doute que les mouvements rebelles doivent se sentir liés par les conventions internationales, tout comme les armées conventionnelles. "Certains de ces groupes le comprennent bien", ajoute-t-il, prenant pour exemple le Soudan, où le Comité international de la Croix-Rouge mène actuellement son opération la plus vaste. Ainsi, il y a deux semaines, le Mouvement pour la Justice et l’Egalité (JEM), un groupe rebelle darfouri, a relâché cinquante-cinq soldats et cinq policiers soudanais par l’entremise du Comité international de la Croix-Rouge. "Et ce n’était pas la première fois que des groupes rebelles du Darfour libéraient des prisonniers par notre truchement", souligne le diplomate suisse. "C’est l’une des caractéristiques qui distingue le Comité international de la Croix-Rouge : il dialogue avec toutes les parties en conflit, que ce soit des Etats ou des acteurs non-étatiques."

Des rebelles du JEM au Darfour

La création de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a prouvé qu’il n’était pas question de laisser se commettre des crimes sans que la justice, nationale ou internationale, ne s’empare aussitôt des dossiers, se félicite Jakob Kellenberger. "Je suis vraiment convaincu que pour mieux faire respecter le droit humanitaire international, il faut dire non à l’impunité." Depuis les traités de 1949, rappelle-t-il, deux protocoles additionnels ont été adoptés en 1977 et un troisième en 2005, ainsi que des conventions interdisant les mines anti-personnel et les armes à fragmentation.

Jacob Kellenberger

Jakob Kellenberger précise que le Comité international de la Croix-Rouge a de plus en plus accès aux centres de détention en Irak, même si certains sites sont toujours trop dangereux à visiter. En Afghanistan, il s’est rendu lui-même à la prison de Bagram, une base américaine juste au nord de Kaboul. Au Sri Lanka, le Comité international de la Croix-Rouge poursuit ses visites des prisons mais rencontre des difficultés avec le gouvernement de Colombo, qui souhaite que l’organisation limite ses opérations maintenant que la rébellion tamoule a été vaincue. "Nous clarifierons la situation avec le gouvernement du Sri Lanka dans les prochaines semaines", assure le patron du Comité international de la Croix-Rouge.

Jonathan LYNN et Guy KERIVEL

Des réfugiés tamouls au camp de Manik Farm, au Sri Lanka

AUTEURS 

  • Jonathan LYNN et Guy KERIVEL

  • que dit les conventions de geneve sur le D.I.H

    20 janvier 2010, par oussou-225   [retour au début des forums]
    que dit les conventions de geneve sur le D.I.H

    j’aimerais s’avoir ce que disent les conventions de geneve sur le droit international humanitaire

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