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Le Monde, 7 août 2009

Corruption : Le scandale des notes de frais britanniques


Vue de la Chambre des communes, à Londres

"Il est grand temps que la Chambre des communes soit dirigée par des professionnels, responsables face aux gens qui les ont élus et qui agissent en toute transparence", avait-il dit pendant sa campagne. Mais quand John Bercow a finalement été élu à la présidence de la Chambre des communes britannique, après la démission forcée de son prédécesseur, Michael Martin, éclaboussé par le scandale des notes de frais, la promesse fut oubliée.

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C’est à nouveau le Daily Telegraph qui a dévoilé l’affaire, mardi 4 août. Déjà, en mai, le journal avait publié plusieurs documents révélant des notes de frais aberrantes déclarées par des ministres et des parlementaires. Beaucoup d’entre eux avaient dû démissionner, dont la ministre de l’intérieur, Jacqui Smith, et le président de la Chambre des communes, Michael Martin. John Bercow avait été élu à sa succession, le 22 juin 2009, devenant le second plus jeune "speaker" de l’Histoire, à 46 ans. Il avait alors promis de restaurer la confiance des Britanniques dans le Parlement et de ne plus demander l’allocation accordée aux parlementaires pour leur résidence secondaire, controversée. Or, dans les semaines qui ont suivi son élection, M. Bercow a fait refaire son appartement de fonction aux frais du contribuable pour 20660 livres sterling (24100 euros), selon un document que le Daily Telegraph a pu consulter. Selon lui, tous les aménagements étaient nécessaires puisqu’il devait emménager avec ses trois jeunes enfants dans cette maison du palais de Westminster pour laquelle il ne paie pas de loyer. D’où les dépenses de 7524 livres (8800 euros) pour un nouveau canapé, 3600 livres (4200 euros) pour l’installation de verrous de sécurité aux fenêtres, 1000 livres (1100 euros) pour transformer un bureau en salle de jeu ou 80 livres (95 euros) pour une nouvelle horloge dans la cuisine. "Cet appartement ne convient pas à une famille avec enfants", avait déclaré M. Bercow, ancien banquier d’affaires, élu, en 1997, au Parlement. Son prédécesseur avait, lui, dépensé 724600 livres (847000 euros) pour remeubler sa résidence entre 2000 et 2008, sans compter les 992000 livres (1,16 million d’euros) pour sécuriser le jardin. Par ailleurs, le Daily Telegraph révèle également des agissements suspects de la part de John Bercow concernant la vente de ses propriétés. En 2003, M. Bercow avait vendu sa maison de Burnigham (pour 190000 euros) et son appartement dans le centre-ville de Londres (pour 390000 euros). En déclarant une des propriétés, puis l’autre, comme sa résidence principale, John Bercow avait alors réussi à ne payer aucun impôt sur les profits des deux ventes. Finalement, questionné sur ce jeu de basculement par le quotidien britannique, il a accepté de verser 8000 livres (9350 euros). Entre-temps, il avait tout de même déclaré 900 livres (1000 euros) de notes de frais pour refaire sa salle de bains et 1327 livres (1500 euros) pour la réparation de son chauffage, incluant un thermostat numérique sans fil.

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