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samedi 24 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (4ème partie) : Du 16 avril 2004 au 30 avril 2004
Le Temps, 30 avril 2004

Irak : Les otages italiens

Suivi de : « Cher Mario, voici le travail »


Férus de sport et d’aventure. Leurs origines professionnelles sont très diverses, mais la promesse d’une excellente solde les a réunis. Trajectoires.


Détective privé, professeur d’arts martiaux, ancien carabinier et boulanger allergique à la farine... Les quatre otages italiens enlevés en Irak, le 12 avril 2004, avaient connu, avant de subir la même mésaventure, des parcours professionnels très divers. Tous avaient néanmoins la passion des armes et des difficultés à trouver un emploi stable.

Exécuté moins de trois jours après son enlèvement, Fabrizio Quatrocchi avait ainsi travaillé jusqu’en 2001, à Gênes, dans la boulangerie de ses parents. Ancien sous-officier dans l’infanterie, brevet de parachutiste en poche et ceinture noire de Taekwondo, il avait été recruté par une société de sécurité, l’Ibsa, laquelle l’avait envoyé en Irak pour, semble-t-il, assurer la protection d’hommes d’affaires occidentaux.

Une armée de volontaires

Un autre otage, Umberto Cupertino, est parti pour Bagdad sans expérience militaire particulière. Longtemps au chômage, il avait accepté d’être videur à l’entrée de discothèques, puis instructeur de body-building et d’arts martiaux. Employé récemment par la Dts Security, une agence spécialisée dans la protection des personnalités, il avait été recruté par un ancien soldat du bataillon San Marco, Paolo Simone.

Considérés par leurs ravisseurs comme des « espions », les quatre otages font partie d’une armée de volontaires, férus de sports de combats et d’aventure, disposés à remplir des missions à risques y compris dans des zones de conflits. Fuyant le chômage endémique du Mezzogiorno ou simplement attirés par une profession, nombre d’entre eux ont abandonné l’armée et la solde de 900 euros mensuels pour chercher en Irak, en Afghanistan ou dans les Balkans des primes mirobolantes. Un garde armé en Angola prendrait jusqu’à 3000 euros par mois. En Irak, les volontaires espéraient obtenir jusqu’à 10 000 dollars.

Selon la presse italienne, une centaine d’anciens militaires italiens seraient ainsi employés aujourd’hui, un peu partout dans le monde. Bien formés militairement et avec l’expérience des missions de paix à l’étranger, notamment en Bosnie et au Kosovo, ils sont particulièrement recherchés par les agences de sécurité. Mais « derrière leurs RayBan » a récemment commenté le général Fabio Mini, auteur d’un ouvrage sur les nouveaux guerriers, « il s’agit souvent de jeunes hommes d’une vingtaine d’années qui ne savent pas très bien où ils se trouvent ».

Eric JOZSEF

« Cher Mario, voici le travail »

« Cher Mario, le travail consiste à protéger le personnel d’une multinationale américaine qui s’occupe de la remise en état de l’administration de l’Irak : nous sommes considérés comme BG/CP (bodyguard/close protection). »

Ainsi commence l’e-mail d’engagement adressé par son employeur à Mario, un ancien carabinier qui a finalement renoncé à partir en Irak, et dont le quotidien La Repubblica a obtenu une copie. Fabrizio Quattrocchi, l’otage italien tué par ses ravisseurs, avait, lui, accepté.

Le style est technique et ne s’embarrasse pas de formule. Concernant l’équipement de ces employés d’un genre très particulier, on apprend que chaque homme est doté d’un pistolet Beretta 92S ou Glock 17 avec 4 chargeurs et d’une mitraillette HK MP5 A3 avec six chargeurs. Concernant l’habillement, il est recommandé de porter des lunettes de soleil, un jean et un blouson, mais de prendre des pantalons plus légers pour les grandes chaleurs qui vont s’abattre sur l’Irak. Enfin, concernant le nerf de la guerre, on apprend que la paie s’échelonne de 6000 à 9000 dollars par mois en fonction du genre de « travail » effectué.

Bernard BRIDEL

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