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jeudi 22 juin 2017
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AFP, 12 août 2009

Informations internationales : Le CICR célèbre des Conventions de Genève de plus en plus bafouées


Un soldat israélien terrorise un enfant palestinien

GENEVE (AFP) - Le Comité international de la Croix-Rouge célèbre, mercredi 12 août 2009, le 60ème anniversaire des Conventions de Genève, en réaffirmant la validité de ces lois de plus en plus bafouées par les combattants et remises en question ces dernières années par les Etats-Unis.

Scènes de torture à la prison d’Abou Ghraib, en Irak


"Nous constatons régulièrement des violations du droit humanitaire international sur le terrain, allant de déplacement de masse de civils pris dans des combats à des mauvais traitements de prisonniers", a dénoncé le président du CICR, Jakob Kellenberger dans un communiqué. A la veille de la commémoration des quatre conventions signées le 12 août 1949 sur la protection des civils, des détenus, blessés et travailleurs humanitaires lors de conflits, il a une nouvel fois lancé un appel au respect de ces lois fondamentales. "La base, la pierre angulaire, le coeur (de ces conventions, ndlr) restent valides", a insisté le chef de la division juridique du CICR, Knut Doermann tentant de balayer les doutes émis par Washington et Londres pendant la "guerre contre la terreur". Lors de cette campagne initiée par l’administration du président, George W. Bush, en réponse aux attentats du 11 septembre 2001, certaines des règles internationales ont été remises en question. L’organisation humanitaire fondée en 1863 et qui joue le rôle de gardien des conventions ratifiées par 194 pays s’est ainsi retrouvée en conflit avec la Maison Blanche, en particulier sur le traitement des prisonniers Afghans, soumis à des détentions secrètes et à des tortures allant à l’encontre des lois. "La pertinence des lois humanitaires internationales a été remise en question face à la complexité croissante des conflits armés, la difficulté de faire une distinction entre combattants et civils ainsi qu’en raison du phénomène de terrorisme", reconnaît M. Kellenberger. Mais, selon le responsable, "il n’y a pas de doute que les règles existantes restent appropriées et qu’améliorer l’application de ces lois continue d’être le principal défi" du CICR. Le nouveau président américain, Barack Obama, a tourné la page de ce différend avec le CICR avant même son investiture, fin janvier 2009, en affichant son soutien aux Conventions de Genève.

Une fosse commune en Bosnie

Il n’en demeure pas mois que sur le terrain, la situation reste difficile. Selon l’ONG internationale Oxfam, les violences en Afghanistan, Colombie, République démocratique du Congo ou encore au Soudan constituent des exemples parfaits de débordements des conflits modernes sur les civils. "Nous avons le sentiment que ces deux dernières années ont été parmi les pires pour les civils", explique ainsi à l’AFP la responsable d’Oxfam international à New York, Nicole Widdersheim. Pour les humanitaires, il est clair que l’amélioration de la situation passe par une plus grande information des populations sur l’existence de ces Conventions de Genève dont la toute première, destinée à améliorer le sort des blessés sur les champs de bataille, a été signée par douze pays européens en 1864. Un sondage effectué par le CICR dans huit pays en guerre, a révélé que moins de la moitié des 4000 personnes interrogées connaissaient l’existence de ces conventions. Parmi ces personnes, 75 % convenaient de la nécessité de poser des limites à ce que les combattants ont le droit de faire. Outre une meilleure information, le CICR estime que les pays non impliqués dans des conflits ont un rôle important à jouer en exerçant une pression sur les gouvernements en guerre en faveur d’une meilleure protection des civils.

Agence France Presse

Une fosse commune en Croatie

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