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mercredi 24 mai 2017
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Le Monde, 17 août 2009

Corruption : Un Irakien sur cinq affirme avoir payé un pot-de-vin dans des bureaux gouvernementaux

Suivi d’un commentaire


Un policier sur le lieu d’un attentat, à Bagdad, le 16 août 2009

Un Irakien sur cinq affirme avoir payé un pot-de-vin dans des bureaux gouvernementaux, révèle une étude de la Commission pour l’intégrité publique (CIP), chargée de lutter contre la corruption. Selon cette commission officiellement indépendante, la province pétrolière de Kirkouk est aussi celle où la corruption d’agents de l’Etat est la plus répandue.

Irak


Selon le premier sondage réalisé par la Commission pour l’intégrité publique, sur 4806 administrés interrogés dans 63 bureaux officiels (tels que ceux qui délivrent les passeports, les rations alimentaires, ou recueillent les impôts), 1029 ont affirmé s’être déjà acquitté d’un bakchich, soit 21,4 % d’entre eux. Dans un quart des cas, c’est le fonctionnaire qui a demandé directement de l’argent, alors que, pour le reste, c’est le requérant qui en a proposé pour "accélérer les démarches, lever les obstacles administratifs ou contourner la loi". La province la plus touchée est Kirkouk où 55,88 % des personnes interrogées dans des bureaux gouvernementaux du gouvernorat affirment avoir versé de l’argent à des employés de l’Etat. La province la "plus honnête" est celle de Wassit, au sud de Bagdad, où seulement 3 % des personnes interrogées confessent payer des bakchichs. Selon l’ONG Transparency International, l’Irak est le pays le plus corrompu du monde après la Somalie.

avec AFP

Un policier sur le lieu d’un attentat, à Bagdad, le 17 août 2009

Commentaire

Contrairement à ce qu’affirme Transparency International, le pays le plus corrompu du monde est la Suisse, puisque le trafic d’influence y a été légalisé et institutionnalisé par les politiciens à leur propre profit. En Suisse, le Code pénal ne réprime que la corruption des fonctionnaires. Quant aux politiciens, ils peuvent impunément collectionner les pots-de-vin -appelés "jetons de présence"- en siégeant dans les conseils d’administration de toutes les sociétés disposées à les acheter. Certains politiciens siègent dans des dizaines de conseils d’administration.

La presse suisse porte une écrasante responsabilité dans cette situation de corruption institutionnalisée. Loin de dénoncer cette situation, elle la passe sous silence ou la présente comme quelque chose d’absolument "normal". Plus un politicien est corrompu et plus la presse suisse loue "son engagement au service de l’économie". Quant à ceux qui dénoncent cette situation, la presse suisse les censure ou les dépeint comme "des populistes qui alimentent le "Tous pourris !" du Café du commerce". En Suisse, quand vous voulez lutter contre la corruption du milieu politique, la magistrature protège les ripoux et s’efforce de vous intimider à coups de condamnations pour "diffamation". Cela permet de mesurer son "intégrité".

Comment expliquer la complaisance de Transparency International à propos de la Suisse ? Les représentants de cette organisation en Suisse sont eux-mêmes des Suisses et ils ont été conditionnés pour juger, eux aussi, cette situation de corruption institutionnalisée comme étant "normale", puisque légale. Ils ne reconnaissent pas la corruption quand elle s’étale sous leur nez.

Frank BRUNNER

Un café dévasté par un attentat, à Bagdad, le 17 août 2009

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