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lundi 20 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (5ème partie) : Du 1er mai 2004 au 15 mai 2004
Reuters, 1er mai 2004

Irak : Falloudja célèbre comme une victoire le retrait américain

Suivi d’un commentaire

par Fadel BADRAN


FALLOUDJA, Irak (Reuters) - Un an jour pour jour après l’annonce par George Bush de la fin du "gros des combats" en Irak, ce sont des soldats de l’ancienne armée de Saddam Hussein, dirigés par un général de l’ex-Garde républicaine, qui patrouillent dans Falloudja, devenue le symbole de l’insurrection sunnite contre les forces de la coalition.


Des cris de "victoire sur les Américains" ont retenti du haut des minarets de cette ville de 300000 habitants située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Bagdad et des combattants armés ont brandi des drapeaux aux couleurs de l’islam et de l’ancien régime.

Ensablé dans une confrontation sanglante avec les quelque 2000 insurgés sunnites retranchés dans Falloudja, l’état-major américain a retiré ses troupes sur des positions plus éloignées de la ville, confiant à la police irakienne et à une nouvelle force composée d’anciens soldats de Saddam Hussein le soin d’y rétablir la sécurité.

Plusieurs commandants américains ont souligné que cette nouvelle stratégie, tournant le dos à la politique de "débaassification" de l’Irak mise en oeuvre il y a un an, était une "expérience" susceptible d’être annulée.

Pas question non plus pour eux de renoncer à retrouver les meurtriers de quatre civils américains à Falloudja le 31 mars 2004, dont le lynchage a déclenché l’offensive des US Marines.

A Washington, un porte-parole du Pentagone a souligné que les Etats-Unis suivraient "les yeux grands ouverts" l’application de cet accord de Falloudja.

Mais pour de nombreux Irakiens, l’arrivée du général Djassim Mohamed Saleh, ancien de la Garde républicaine (garde prétorienne du dictateur), et de ses hommes, et le retrait des US Marines ressemblent à une débâcle militaire pour l’armée américaine.

"Allah nous a donné la victoire sur les Américains", pouvait-on entendre depuis le haut-parleur d’une mosquée de la ville. "Cette victoire est le fruit des actes de bravoure des moudjahidine (ndlr, combattants de la guerre sainte) de Falloudja qui ont vaincu les troupes américaines."

"Je suis certain que les Américains ne reviendront pas dans cette ville après la leçon que leur a infligé la population de Falloudja", affirme un habitant, Faouak Djabbar.

Un an après

Ce changement à 180° de la politique américaine en Irak pourrait aussi avoir des répercussions aux Etats-Unis. Les électeurs, qui trancheront dans six mois entre George Bush et son adversaire démocrate John Kerry, pourraient bien en effet se demander où les conduit cette aventure irakienne.

Avec 127 soldats tués au combat, le mois d’avril 2004 a été le plus meurtrier pour l’armée américaine depuis le déclenchement de la guerre. L’état-major a annoncé, samedi 1er mai 2004, la mort de deux membres de l’US Army dans la province sunnite d’Al Anbar, où se trouve Falloudja, et de deux soldats dans le nord de l’Irak, dont un a succombé à des blessures infligées la veille.

Ces nouvelles pertes portent à 541 le nombre de soldats américains tués au combat depuis l’entrée des forces américaines en Irak, en mars 2003. Sur ce total, 432 ont péri après que George Bush eut annoncé la fin des "opérations majeures".

Un an jour pour jour après cette proclamation spectaculairement mise en scène sur le pont du porte-avions USS Lincoln, le président républicain a reconnu, samedi 1er mai 2004, que les forces américaines en Irak étaient confrontées à de graves défis mais a insisté sur les conséquences, selon lui heureuses, de l’intervention décidée hors cadre des Nations Unies.

"Un an après, en dépit de nombreux défis, la vie du peuple irakien est à des années lumière de la cruauté et de la corruption du régime de Saddam", a-t-il dit lors de son allocution radiophonique hebdomadaire, évoquant la réouverture des écoles et des hôpitaux ou la production de 2,5 millions de baril par jour dans le secteur pétrolier.

Les Etats-Unis resteront mobilisés pour faire régner l’ordre en Irak et, a-t-il espéré, une transition démocratique dans ce pays "enverrait, de Damas à Téhéran, le signal que la liberté peut être l’avenir de toutes les nations".

Fadel BADRAN

Commentaire

Si on considère la situation du point de vue des résistants irakiens, il est beaucoup trop tôt pour crier victoire.

Il convient, bien au contraire, d’intensifier la lutte contre les criminels de guerre étrangers et leurs mercenaires "civils".

Frank BRUNNER

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