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dimanche 19 février 2017
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AFP, 4 septembre 2009

Informations internationales : Le changement climatique s’accélère et le monde fonce vers l’abîme


Vue d’Iqaluit, au Canada

Le changement climatique s’accélère et le monde "fonce vers l’abîme", a alerté, jeudi 3 septembre 2009, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à une centaine de jours du sommet de Copenhague qui doit décider de la stratégie mondiale contre les émissions de gaz à effet de serre.

Le glacier de Helheim, au Groenland


"Nous avons le pied collé sur l’accélérateur et nous fonçons vers l’abîme", a lancé M. Ban devant la 3e conférence de l’ONU sur le climat, réunie, à Genève, depuis le début de la semaine. Le monde "ne peut pas se permettre" un échec de la conférence de Copenhague de décembre 2009, a averti le secrétaire général des Nations Unies. Le prix à payer serait lourd "pour la génération actuelle, pas seulement pour les générations futures", a-t-il mis en garde. Le patron de l’ONU, qui revient de l’Arctique, a souligné que le réchauffement au pôle Nord est plus rapide que celui prévu par les scientifiques. L’Arctique "pourrait être libre de glace vers 2030" en été, a-t-il prévenu. Déplorant des discussions "trop lentes et trop timides" entre États, M. Ban a placé tous ses espoirs dans une rencontre internationale de haut niveau organisée par l’ONU à New York le 22 septembre pour ébaucher un plan de bataille contre le réchauffement climatique. En réalité, "il ne nous reste que quinze jours de négociations avant Copenhague. Nous ne pouvons pas nous contenter de progrès limités. Nous avons besoin de progrès rapides", a-t-il dit. "À New York, j’attends des discussions sincères et constructives. J’attends que des ponts soient lancés. J’attends des résultats importants", a lancé M. Ban devant les représentants et ministres d’environ 150 pays participant à la conférence de Genève. "La réponse est dans une croissance (économique) verte, une croissance soutenable", a insisté le patron de l’ONU. "Nous avons besoin d’une politique qui met un prix sur le carbone. D’une politique qui envoie un signal fort du marché aux entreprises pionnières pour un avenir à bas niveau de carbone", a-t-il préconisé. "Nous avons besoin d’un programme d’investissement public pour l’énergie renouvelable. Nous avons besoin de transferts de technologie pour l’efficacité énergétique", a encore martelé M. Ban.

Ban Ki-moon

"Les scientifiques ont été accusés pendant des années d’être des alarmistes. Mais les vrais alarmistes, ce sont ceux qui disent que l’on ne peut engager une action pour le climat, car cela ralentirait la croissance économique", a déclaré M. Ban. "Ils ont tort. Le changement climatique pourrait déclencher un désastre massif", a-t-il prévenu en s’inquiétant pour les dizaines de millions de personnes vivant dans des zones côtières menacées partout dans le monde par la hausse du niveau des mers provoquée par la fonte des glaces arctiques. "Que vont-ils faire lorsque des tempêtes vont pousser la mer à l’intérieur des terres ? Où vont-ils aller ?", a-t-il lancé. Sous l’égide de l’ONU, le sommet de Copenhague vise à trouver un accord international pour succéder au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, largement considérées comme responsables du changement climatique. "Le Giec estime que l’investissement pour atteindre nos objectifs en matière d’émissions (de gaz à effet de serre) ne représenterait que 2 % du PIB mondial annuel d’ici à 2030", a rappelé le secrétaire général de l’ONU. Un tel investissement signifierait "moins de pollution ; une meilleure santé publique ; une amélioration de la sécurité alimentaire ; moins de risques d’émigration massive et d’instabilité politique ; davantage d’emplois dans l’économie verte", a-t-il fait valoir.

Agence France Presse

Un lac créé par la fonte du glacier de Helheim, au Groenland

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source