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jeudi 25 mai 2017
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Rue 89, 5 septembre 2009

Gabon : Témoignages sur la situation politique

par Pierre HASKI


Une vingtaine de personnes ont attaqué l’ambassade du Gabon à Dakar, au Sénégal, le 3 septembre 2009. Un bureau a été incendié

Le message désespéré est arrivé de la part d’un Riverain de Rue89 au Gabon : « On ne voulait pas en arriver là, mais le pays est en train de glisser vers un chaos ingérable. Que dieu nous protège ! “Au même moment, une vidéo déposée sur YouTube fournit les images, tournées à Port Gentil, la capitale économique du Gabon, d’un homme à terre dans une flaque de sang, présenté comme le "premier mort" de l’ère Bongo, Ali Bongo s’entend.

Gabon


Notre lecteur gabonais, qui souhaite garder l’anonymat pour des raisons évidentes de sécurité, raconte les réactions hostiles d’une grande partie de la population à la proclamation de l’élection du fils de l’ancien président, et poursuit : "Tous le monde jure d’en découdre avec la famille Bongo et le système qui le soutient. Les cibles visées dans les attaques sont dans un premier temps les interêts des Français, car ils savent que [l’avocat franco-libanais et conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, ndlr] Robert Bourgi est le chef d’orchestre de ce qui se passe au Gabon. Dans une deuxième phase, si rien ne change, les attaques viseront des personnes physiques, a savoir les Français du Gabon et les ressortissants de l’ethnie téké [celle du clan Bongo, ndlr]". Ce témoignage de l’état d’esprit d’une partie de la population est peut-être minoritaire, exprimé sous le coup de l’émotion au lendemain d’un processus électoral tendu, confus et qui s’achève sur une succession dynastique cautionnée par la France, omniprésente dans cet "émirat" pétrolier d’Afrique centrale. Il est néanmoins porteur de menaces pour l’avenir de ce pays, et de l’incapacité d’Ali Bongo et du clan familial à assurer une transition apaisée et transparente au long règne du père du nouveau chef de l’Etat.

Robert Bourgi

Un autre témoignage, qui nous est parvenu cette fois de Port Gentil, affirme que le commissariat du deuxième arrondissement a été attaqué et que des armes y ont été volés par les manifestants hostiles au pouvoir. C’est à Port Gentil que se sont déroulés les incidents les plus violents, contre le consulat de France désormais protégé par des paras français, et contre les installations de Total, symbole le plus puissant de l’ancienne puissance coloniale et de ses liens avec le clan Bongo. Deux manifestants ont trouvé la mort dans ces incidents violents, rapportait vendredi l’AFP. Le couvre feu était de nouveau en vigueur, vendredi 4 septembre 2009 au soir, à Port Gentil, afin d’éviter la répétition de ces incidents. Un ressortissant français nous écrit pour sa part pour nous assurer que la sécurité des Français n’est pas en danger, et qu’ils se sentent même en profond décalage par rapport aux informations diffusées en France.

Un soldat à Libreville, le 4 septembre 2009

Alors qu’officiellement le calme revient progressivement dans le pays, il est clair toutefois qu’Ali Bongo démarre son "règne" sous les plus mauvais auspices : ses 41 % officiels sont contestés par l’opposition, et parraissent bien maigres pour lui assurer la légitimité suffisante. Les blessures de cette succession ratée seront difficiles, voire impossibles à surmonter, et le nouveau président, tout comme la population, doivent s’attendre à des jours difficiles. Sans illusions, un cadre gabonais à Libreville nous écrit qu’il ne fallait pas s’attendre à autre chose : "Accepter de venir à la télévision dire que mon adversaire a gagné et qu’on doit quitter le pouvoir pour lui céder la place pour aller dans l’opposition est une idée impensable pour nous encore. C’est comme dire à un parrain sicilien de céder sa place à son rival... c’est même inimaginable, sauf quand l’un tue l’autre." Cet homme, qui demande lui aussi que son nom n’apparaisse pas "pour des raisons de sécurité" confie également son amertume vis à vis de la France -le nom de Robert Bourgi revient, là encore, comme un symbole d’une Françafrique inoxydable- qui n’a pas su convaincre de sa "neutralité" officielle. Notre Riverain s’en prend au ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui déclarait, vendredi 4 septembre 2009, que la France accepterait le résultat des élections, et qu’elle n’avait soutenu "aucun candidat" dans ce scrutin. Faisant allusion aux missions de consulting de Bernard Kouchner, grassement payées par Omar Bongo avant l’arrivée de l’ex-"French Doctor" au Quai d’Orsay, il ajoute : "Demander l’avis de Kouchner, ça fait rigoler tous les Gabonais. Son cabinet a des marchés au Gabon. Il ne va pas tirer sur la main qui lui donne à manger." Les prochains jours seront déterminants pour le Gabon, mais aussi pour la présence, l’image et l’influence de la France dans ce pays où elle a occupé une place centrale depuis un demi-siècle.

Pierre HASKI

Bernard Kouchner

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  • Pierre HASKI

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    11 décembre 2009, par une originaire   [retour au début des forums]

    je prends la peine de dire ce que je pense sur la situation de mon pays soyons réfléchis pierre mamboudou avait toujours battu le défunt bongo depuis que la soit démocratie a été installée au gabon ce n’est pas son fils qui arrivera en tête après l’étouffement la souffrance et la misère que la majorité du peuple agabonais a vécu pendant plus de 40ans
    ce qui s’est passé au gabon est une honte
    meme le soit disant président doit avoir honte comme le disait son père adoptif le pouvoir s’arrange
    il était obligé de s’imposer parceque les dossiers révélants sont accablants
    la cours constitutionnelle n’a fait que confirmé le surffrage du défunt en changeant de nom
    la france n’est responsable de rien c’est la bande de gabonais voleurs de nos biens qui qui s’accrochent
    heureusement que nul n’est éternel bongo est parti sans un milliard

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source