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mercredi 22 février 2017
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AFP, 11 septembre 2009

Corruption : L’ex-président taïwanais a été condamné à la prison à vie


Manifestation de soutien à Chen Shui-bian, devant le tribunal, à Taipeh, le 11 septembre 2009

L’ex-président taïwanais, Chen Shui-bian, et son épouse, ont été condamnés, vendredi 11 septembre 2009, à la prison à vie, pour corruption, un verdict assimilé, par son entourage, à des représailles après ses deux mandats marqués par une farouche volonté d’indépendance face à Pékin.

Taiwan


L’ancien président de l’île, élu en 2000, puis réélu en 2004, avait quitté la scène politique, affaibli par des scandales de corruption à répétition dans son entourage immédiat. Il avait perdu son immunité après avoir quitté ses fonctions, en mai 2008, et avait été placé en détention provisoire le 12 novembre 2008. Chen Shui-bian avait été désigné comme suspect, en 2006, dans une vaste enquête sur le détournement présumé de fonds publics, mais il avait alors été épargné du fait de son immunité. Il avait admis avoir utilisé de faux reçus pour obtenir des fonds publics, mais avait assuré que cet argent était destiné à des « missions diplomatiques secrètes » et non à son enrichissement personnel. Il avait également reconnu que son épouse avait transféré 20 millions de dollars sur un compte étranger, mais argué que les fonds provenaient de campagnes présidentielles antérieures et que ce transfert s’était fait à son insu.

Chen Shui-bian

La sécurité a été renforcée aux abords du tribunal où des centaines de personnes s’étaient rassemblés en signe de soutien à M. Chen. M. Chen, âgé de 58 ans, a été reconnu coupable de détournement de fonds, blanchiment, faux en écriture et d’avoir touché des pots-de-vin, a indiqué Huang Chun-ming, porte-parole du tribunal de Taipei. « Chen usait de ses prérogatives pour nuire à la nation. C’est pourquoi la justice l’a condamné à la perpétuité », a-t-il dit. Ni l’ex-président Chen, ni treize de ses coaccusés ne se trouvaient dans le box au rendu des verdicts. Son épouse, Wu Shu-chen, s’est également vue infliger la perpétuité. « Wu, en sa qualité de Première dame a commis des crimes et a été condamnée en conséquence », a déclaré le porte-parole. Le fils du couple, Chen, Chen Chih-chung, a écopé de deux ans et demi de prison pour blanchiment. On ignorait, dans l’immédiat, si l’ex-chef d’État avait ou non l’intention faire appel de la décision.

Wu Shu-chen

« Il s’agit clairement d’une persécution politique », a déclaré à l’AFP Chiang Chi-ming, porte-parole des services de Chen Shui-bian. Pékin considère toujours Taïwan comme une partie de son territoire en attente de réunification, malgré une indépendance de fait datant de près de 60 ans. Farouche défenseur de l’indépendance de Taïwan face à la Chine rivale, l’ancien chef de l’État a accusé le gouvernement taïwanais actuel pro-Pékin de mener une « chasse aux sorcières » et de régler des comptes. Triomphalement élu en mars 2008, le successeur de Chen Shui-bian, Ma Ying-jeou, a rompu avec la ligne de M. Chen et plaide en faveur d’un rapprochement avec la Chine, avec laquelle une série d’accords ont été signés, notamment dans le domaine économique.

Agence France Presse

Chen Chih-chung

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source