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lundi 27 mars 2017
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Reuters, 14 septembre 2009

Informations internationales : Mohamed ElBaradeï doute des sanctions et veut plus de pouvoir pour l’AIEA

par Mark HEINRICH et Guy KERIVEL


La conférence annuelle de l’AIEA, à Wien, le 14 septembre 2009

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed Elbaradeï, a demandé, lundi 14 septembre 2009, au Conseil de sécurité de l’ONNU, de lui donner plus de moyens pour empêcher la diffusion du savoir-faire nucléaire dans le domaine militaire.

Mohamed ElBaradeï


L’Iran est soupçonné par l’Occident de mener un programme militaire nucléaire, ce qu’il dément en affirmant que ses recherches sont purement civiles. Alors que Mohamed Elbaradeï s’exprimait, les autorités iraniennes et les six puissances engagées dans les négociations sur le nucléaire iranien -les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne- annonçaient qu’elles tiendraient une prochaine réunion le 1er octobre 2009.

Vue des installations nucléaires d’Arak, en Iran

Ouvrant, à Vienne, la conférence annuelle de son organisation, Mohamed Elbaradeï a mis la communauté internationale en garde contre une trop grande confiance dans la procédure des sanctions contre les Etats contrevenants, mesures qui, selon lui, "ne marchent pas" dans bien des cas. Mohamed ElBaradei a salué la proposition des Etats-Unis de relancer les discussions avec Téhéran sans conditions préalables mais a estimé que les menaces de nouvelles sanctions en cas d’échec ne mèneraient nulle part. "Pour ce qui concerne les gens avec lesquels nous avons des problèmes à résoudre, nous devons garder ouverts les canaux de communication avec eux, non chercher à les isoler", a dit Mohamed ElBaradeï dans son allocution. Il a souligné que six années d’enquêtes difficiles avaient permis à l’AIEA de mieux cerner le programme nucléaire "civil" que Téhéran avait caché pendant dix-huit ans en violation des règles de l’organisation. Il a cependant une nouvelle fois dénoncé les obstacles posés par les Iraniens à ses demandes de vérifications. "S’il veut établir la confiance dans la nature exclusivement pacifique de son programme, l’Iran doit s’engager de manière concrète auprès de l’Agence à clarifier (...) les questions difficiles et importantes que posent les informations sur une "militarisation" de ses recherches", a-t-il dit. Mohamed Elbaradeï a souligné que les inspecteurs de l’AIEA chargés de lutter contre la prolifération nucléaire ne pouvaient pas remplir leur mission en étant isolés mais avaient besoin du soutien du Conseil de sécurité de l’ONU. "Le Conseil doit mettre au point un mécanisme global (pour assurer la non prolifération) qui ne repose pas uniquement sur les sanctions, qui trop souvent ne frappent que les plus vulnérables et les innocents", a-t-il dit, faisant référence à l’Irak de Saddam Hussein et à la Corée du Nord. "Il doit se concentrer plus sur la prévention des conflits, le maintien de la paix, s’intéresser plus à ce qui se trouve souvent derrière les cas de prolifération, comme la méfiance et les désaccords." Louant les récentes initiatives des Russes et des Américains en vue de réduire leurs arsenaux nucléaires, Mohamed Elbaradeï a souhaité que les mandats de l’AIEA soient parallèlement "étendus et renforcés".

Un missile intercontinental américain

Le Japonais Yukiya Amano, qui succédera à Mohamed Elbaradeï le 1er décembre 2009 et prenait pour la première fois la parole devant l’AIEA, a dit sa crainte de voir la prolifération nucléaire continuer à s’accélérer. "Il n’est guère probable que cette tendance se retourne, mais plutôt qu’elle continue à s’accélérer", a-t-il déclaré.

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Yukiya Amano

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