retour article original

mardi 27 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Suisse (1ère partie) : Du 17 octobre 2003 au 28 mars (...)

Policiers en colère : le Conseil d’Etat et le Grand Conseil genevois se renvoient la balle


Le salaire des policiers genevois étant inscrit dans la loi, le Conseil d’Etat -l’exécutif cantonal- renvoie la balle au Grand Conseil -le parlement cantonal-, tandis que ce dernier envisage de modifier la loi afin de renvoyer la balle au Conseil d’Etat...


En résumé, le parti socialiste genevois et les partis de droite reprochent aux policiers leurs manifestations syndicales et les prient d’y mettre un terme en se contentant de promesses pour ce qui est de la satisfaction de leurs revendications...

L’extrême-gauche, après avoir exprimé son dédain à l’égard des policiers et de leurs syndicats, a retourné sa veste en reconnaissant la légitimité de leur mouvement revendicatif. Reste à savoir si ce retournement de veste est un simple effet d’annonce ou s’il se concrétisera par un soutien effectif des syndicats de policiers par l’ensemble du milieu syndical genevois.

Ne pas se laisser rouler dans la farine

Soutenir les syndicats de policiers dans leur démarche n’implique ni ne justifie qu’on se substitue à eux en prétendant mener les négociations à leur place ou en prétendant décider à leur place de ce qui est acceptable ou non. Dans les limites du mandat qu’ils ont reçu de leur base, les syndicats de policiers doivent demeurer libres de mener les négociations comme ils l’entendent.

Enfin, d’un point de vue syndical, les syndicats de policiers n’ont pas à se laisser rouler dans la farine par le petit jeu consistant à se renvoyer la balle entre le Conseil d’Etat et le Grand Conseil. Que le gouvernement -exécutif et législatif- se débrouille pour désigner un interlocuteur avec les syndicats de policiers. On ne saurait reprocher aux syndicats de policiers un refus de négocier alors qu’on n’est même pas capable de leur indiquer un interlocuteur...

Dans un communiqué publié par Genève Home Informations, l’Union du personnel du corps de police (UPCP) mentionne que la gendarmerie genevoise compte déjà quelque 225500 heures supplémentaires non payées. En théorie, elles sont censées être converties en jours de congé. Tel n’est nullement le cas en réalité. Il s’agit donc purement et simplement d’une arnaque de la part de l’employeur, à savoir l’Etat de Genève.

Le milieu politique, dans son ensemble, devrait comprendre que sa crédibilité est nulle, que la parole d’un politicien n’a a priori aucune valeur, et que les citoyens en ont par-dessus la tête de voir leurs élus les prendre pour des imbéciles.

Frank BRUNNER

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source