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Le Monde, 30 septembre 2009

Guinée : Moussa Dadis Camara demande une enquête internationale


Des manifestants, avant le début du massacre, à Conakry, le 28 septembre 2009

Le chef de la junte au pouvoir en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, souffle le chaud et le froid. Après avoir mis en cause l’opposition après les violences du lundi 28 septembre 2009 à Conakry, il a appelé à un "gouvernement d’union nationale" et à une "commission d’enquête internationale en rapport avec l’ONU".

Guinée


Les forces de l’ordre en Guinée sont accusées d’avoir tué au moins 157 personnes et de s’être livrées à des actes de barbarie lors de la répression d’une manifestation, lundi 28 septembre 2009, à Conakry, contre l’éventuelle candidature du chef de la junte à l’élection présidentielle de janvier 2010. Moussa Dadis Camara s’est emparé du pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat, en décembre 2008, après le décès du président, Lasana Conté. Les violences enregistrées lundi 28 septembre 2009 sont les plus sanglantes depuis son accession à la tête de l’Etat. Lors d’une intervention à la télévision, mardi 29 septembre 2009 au soir, le chef de la junte guinéenne a promis l’ouverture d’une enquête. "Les autorités feront tout ce qui est nécessaire pour établir la lumière sur ces événements tragiques qui menacent la paix sociale", a-t-il déclaré, ajoutant que toute nouvelle manifestation "subversive" est interdite. Mercredi dans la soirée, il a demandé à ce que cette enquête se fasse "en rapport avec l’ONU". Dans un communiqué lu à la télévision et à la radio, il a aussi plaidé pour "la désignation d’un sage président africain pour la médiation en Guinée". Mercredi 30 septembre 2009, sur Europe 1, Moussa Dadis Camara a tenté de minimiser sa responsabilité dans la sanglante répression d’une manifestation à Conakry : "L’événement m’a débordé. Cette armée, je ne contrôle pas toutes ses activités (...), dit-il. Dire que je contrôle cette armée, ce serait de la démagogie." Surtout, il a mis en cause l’opposition. "Ce sont les responsables de l’opposition qui ont commandité un acte criminel, qui ont conduit les hommes à la boucherie au profit de leurs propres ambitions", accuse Moussa Dadis Camara.

Avec AFP et Reuters

Des policiers arrêtent un manifestant, à Conakry, le 28 septembre 2009

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