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AFP, 9 octobre 2009

Guinée : Enquêtes sur le massacre de Conakry


Une mosquée à Conakry

Une "commission indépendante" a été créée par le gouvernement pour enquêter sur la répression sanglante de l’opposition le 28 septembre 2009. Dans le même temps, l’ONU dépêche son propre enquêteur sur place.

Guinée


Selon l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme, 157 personnes ont été tuées et 1200 blessées dans un stade de Conakry le 28 septembre 2009, lors de la répression d’une manifestation contre l’éventuelle candidature du chef de la junte à l’élection présidentielle de janvier 2010. L’ONU parle de "plus de 150 morts". La junte au pouvoir maintient un bilan officiel de "56 civils tués". La France, qui a fortement condamné les violences et suspendu sa coopération militaire avec la Guinée, a encore haussé le ton, mercredi 7 octobre 2009, en déclarant qu’elle suspectait le chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, d’avoir "participé à la décision" qui a conduit au massacre.

Des soldats, à Conakry, le 5 octobre 2009

Le gouvernement mis en place par la junte au pouvoir en Guinée a annoncé, mercredi 7 octobre, la création d’une "commission d’enquête indépendante" sur la répression sanglante d’une manifestation de l’opposition ayant fait, le 28 septembre 2009, à Conakry, plus de 150 morts, selon l’ONU. Une "commission d’enquête indépendante" a été créée, selon un communiqué du ministère de la Justice lu dans la soirée à la télévision nationale, au moment où le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, est soumis à de fortes pressions pour quitter le pouvoir.
Elle sera composée de trente-et-un membres, dont quatre issus des partis politiques, trois des syndicats et de la société civile, trois des Forces patriotiques (pro-junte) et trois issus des organisations de défense des droits de l’Homme. Les autres membres sont des avocats, magistrats et professeurs d’université, selon le texte. "La sécurité des membres ainsi que de leurs familles sera assurée par le gouvernement" qui prendra également "en charge" la commission, selon le communiqué.

Des soldats, à Conakry, le 5 octobre 2009

La Haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU avait annoncé, mercredi 7 octobre 2009, à Paris, avoir envoyé un "conseiller spécial" en Guinée pour enquêter sur le massacre de Conakry. "Nous avons envoyé un conseiller spécial pour les droits de l’Homme, qui est là-bas, sur le terrain, en train d’enquêter pour nous", a déclaré Navanethem Pillay à la presse. La responsable onusienne, qui avait déjà qualifié de "bain de sang" la violente répression orchestrée par les forces de l’ordre guinéennes, a affirmé que son bureau avait "reçu des informations sur de nombreux meurtres", notamment de jeunes hommes et sur le viol de femmes. Mme Pillay a précisé que "la question des récentes atrocités en Guinée" avait notamment été abordée lors de ses entretiens à Paris, successivement avec le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et avec le secrétaire général de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf.
"J’ai été exhortée, à la fois par le ministre des Affaires étrangères et par l’OIF, à user des pouvoirs de mon organisation pour lancer une enquête (...) et établir si des crimes graves ont été commis", a-t-elle dit.

Agence France Presse

Vue de Conakry

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source