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AFP, 14 octobre 2009

Guinée : Le chef de la junte, Dadis Camara, doit être jugé "pour crime contre l’humanité", selon l’Union européenne

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Une victime de la répression du 28 septembre, dans un hôpital de Conakry, le 30 septembre 2009

Le chef de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, doit être jugé "pour crime contre l’humanité", à la suite de la répression sanglante du 28 septembre à Conakry, a déclaré, mercredi 14 octobre 2009, le Commissaire européen en charge du développement et de l’aide humanitaire.

Guinée


Le capitaine Camara a pris le pouvoir lors d’un coup d’état sans effusion de sang, en décembre 2008, après la mort de Lansana Conté, qui dirigeait le pays depuis 1984. La violente répression d’une manifestation de l’opposition à Conakry, le 28 septembre 2009, a soulevé l’indignation de la communauté internationale. La junte affirme que 56 civils ont été tués et 934 personnes blessées, tandis que l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme estime que plus de 157 personnes ont été tuées et 1200 blessées, dont de nombreuses femmes violées. Les Nations Unies ont fait état de plus de 150 morts.

Moussa Dadis Camara

"Le leader du coup d’Etat doit rendre compte de ses actes devant un tribunal pour crime contre l’humanité", a estimé Karel de Gucht, lors d’une conférence de presse au siège de l’Union africaine (UA). "La répression du 28 septembre a été d’une brutalité jamais vue. On est véritablement confronté à un crime contre l’humanité. Et il y a une idée de principe qui est que, partout, quand il se passe un crime contre l’humanité, ces crimes soient jugés", a-t-il expliqué. "La justice internationale doit aussi être universelle, sinon elle perd sa crédibilité", a-t-il insisté. M. de Gucht s’exprimait à l’issue d’une réunion Union africaine-Union européenne qui a notamment évoqué les questions de paix et sécurité en Afrique, et des changements inconstitutionnels de pouvoir.

Karel de Gucht

L’Union africaine a fixé au 17 octobre la date limite pour que le chef de la junte renonce à se présenter à l’élection présidentielle prévue en janvier 2010, ainsi que tous les membres de la junte. Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine a prévu de se réunir jeudi 15 octobre 2009 après-midi pour se prononcer sur cette question. "Je ne vois pas pourquoi il y aurait opposition entre l’Union africaine et l’Union européenne sur ce sujet. Notre communiqué est la réflexion d’un consensus international", a précisé le Commissaire du département Paix et sécurité de l’Union africaine, Ramtane Lamamra, au cours de cette conférence de presse. "Ce que nous voulons, c’est remettre sur les rails le processus de transition en Guinée", a-t-il indiqué, rappelant que "dans les prochaines 48 heures, le Conseil de paix et de sécurité devra se prononcer" sur les sanctions, si les responsables de la junte ne se sont pas engagés par écrit à ne pas se présenter à la prochaine élection.

Agence France Presse

Ramtane Lamamra

Commentaire

Pour que la justice internationale soit crédible, il faudrait d’abord qu’on cesse de pratiquer le système des deux poids et deux mesures. En l’occurrence, l’Union européenne condamne un "crime contre l’humanité" dans la sanglante répression d’une manifestation en Guinée, alors qu’elle manifeste simultanément la plus grande complaisance à l’égard du régime raciste juif, dont les crimes sont d’une tout autre ampleur.

Frank BRUNNER

Une victime de la répression du 28 septembre, dans un hôpital de Conakry, le 30 septembre 2009

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