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AFP, 14 octobre 2009

Proche Orient : Israël compte sur Washington pour torpiller le rapport Goldstone

Suivi d’un commentaire

par Marius SCHATTNER


Placé sur la défensive à l’ONU par le rapport Goldstone, Israël compte sur les États-Unis pour torpiller toute résolution sur ce document qui accuse l’armée israélienne de crimes de guerre durant son offensive contre la bande de Gaza.


Le rapport de la mission Goldstone stigmatisant principalement le comportement d’Israël doit être évoqué, mercredi 14 octobre, au Conseil de sécurité de l’ONU, à New York, dans le cadre d’un débat général sur la situation au Proche-Orient. Cette décision de compromis a été prise par un Conseil divisé, lors de consultations à huis clos consécutives à une demande de la Libye -soutenue par le groupe arabe et les non-alignés-, d’une réunion d’urgence pour discuter du rapport de la commission d’enquête dirigée par le juge Richard Goldstone. Celle-ci avait été chargée par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, basé à Genève, d’enquêter sur la guerre de Gaza. Le Conseil doit débattre, jeudi 16 octobre 2009, du rapport, lors d’une session extraordinaire destinée à examiner « la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés et à Jérusalem ». Le document met également en cause les groupes armés palestiniens tirant des roquettes sur des localités en Israël à partir de la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, et recommande aux deux parties, israélienne et palestinienne, d’effectuer leurs propres enquêtes sur les événements de décembre 2008-janvier 2009.

Devant les réticences des pays occidentaux, les partisans d’une approbation du rapport avaient décidé, à la fin de la dernière session ordinaire du Conseil des droits de l’Homme, « de donner plus de temps pour un examen fondé et complet du rapport de la mission d’enquête » Goldstone. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, qui, dans un premier temps, avait défendu le report de six mois de ce vote, a été contraint de faire volte face sous la pression de sa propre opinion publique et face aux dénonciations véhémentes du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est déclaré favorable à ce que le Conseil des droits de l’Homme revienne sur sa décision de reporter l’examen du rapport à mars 2010. La présidence suédoise de l’Union européenne a estimé que le rapport était « digne de considération ». Selon des diplomates à New York, les pays occidentaux ont toutefois refusé la tenue d’une réunion spécifique sur le rapport Goldstone, qu’ils considèrent comme « défectueux » et « déséquilibré ».

« La secrétaire d’État, Hillary Clinton, s’est engagée à ce que les États-Unis opposent leur veto en cas de décision du Conseil de sécurité » entérinant le rapport du juge sud-africain Richard Goldstone, a déclaré la représentante d’Israël à l’ONU, Gabriela Shalev, à la radio israélienne. Elle a déploré que le rapport dénoncé par l’État hébreu fasse même l’objet d’un débat au Conseil de sécurité, soulignant qu’Israël n’était pas en mesure de s’y opposer. « Qu’un rapport aussi inique, saugrenu et unilatéral puisse être pris au sérieux par des pays démocratiques n’est en soi pas rassurant », a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Yigal Palmor. « Nous nous employons à faire comprendre qu’une validation du rapport aurait deux conséquences graves : d’une part elle mettrait en danger la relance des négociations avec les Palestiniens, d’autre part elle constituerait un précédent dangereux en empêchant tout pays résolu à se défendre contre le terrorisme », a-t-il ajouté.

Marius SCHATTNER

Commentaire

Dès sa publication, le régime israélien, relayé par le lobby juif international et des journalistes à sa botte, s’est efforcé de calomnier le rapport de la mission Goldstone. Richard Goldstone lui-même a été accusé d’antisémitisme, alors qu’il est juif.

Tout ceux qui l’ont lu savent que le rapport de la mission Goldstone compte plus de 500 pages et que son contenu est extrêmement factuel. Il examine toute une série de faits précis et détermine lesquels sont des crimes de guerre. En résumé, il est reproché au Hamas d’avoir tiré des roquettes sur des localités israéliennes. D’autre part, il est reproché aux Israéliens d’avoir massivement bombardé des localités palestiniennes, assassiné des civils -y compris des femmes et des enfants- qui arboraient le drapeau blanc ou cherchaient à fuir les combats, d’avoir tiré sur des ambulances et d’avoir empêché des ambulances d’accéder aux blessés palestiniens, et de s’en prendre indistinctement à la population palestinienne à travers le blocus de la bande de Gaza.

La complaisance des Etats-Unis et de l’Union européenne à l’égard du régime criminel juif les disqualifie pour se donner des airs de défenseurs des droits de l’homme ou de la justice internationale. En fait, les gouvernements occidentaux sont complètement manipulés par le lobby juif international qui, conformément à son habitude, est systématiquement complice des crimes du régime israélien.

Quant à l’allégation israélienne selon laquelle le rapport de la mission Goldstone menacerait la paix, elle serait risible si elle ne mettait pas tant en évidence l’hypocrisie, le cynisme et l’absence de scrupules caractérisant la mentalité juive. En réalité, le régime israélien n’a pas la moindre intention de faire la paix avec les Palestiniens. Il ne se soucie que de voler leurs terres. Le rapport de la mission Goldstone n’est qu’un prétexte parmi d’autres pour justifier cette politique crapuleuse.

Pendant que nous y sommes, versons une larme émue sur ces pauvres juifs, tellement humanistes et pétris de morale, qui ont tant souffert des nazis et auxquels on reproche odieusement de massacrer des femmes et des enfants palestiniens. Décidément, ce monde n’est qu’antisémitisme.

Il existe une petite minorité de juifs qui dénoncent le régime israélien et les agissements du lobby juif. Il est clair que ces juifs-là sont parfaitement respectables, mais il s’agit d’une minorité persécutée, injuriée, diffamée, voire même agressée, dont l’existence ne saurait tenir lieu d’alibi à la majorité dont elle subit les persécutions.

Frank BRUNNER

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