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jeudi 22 juin 2017
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AFP, 4 mai 2004

Iran : la peine de mort d’Hachem Aghajari n’est pas définitive


Vue de Teheran

TEHERAN (AFP) - La justice iranienne s’est empressée, mardi 4 mai 2004, de proclamer que la condamnation à mort du dissident Hachem Aghajari n’était pas définitive, dans le souci de prévenir une nouvelle poussée de fièvre après la confirmation de la peine par un tribunal de province.

Hashem Aghajari


Le juge unique (et inique NDLR) du tribunal de Hamédan, qui a infligé la peine capitale à Hachem Aghajari en novembre 2002 pour blasphème, a maintenu son jugement, bien que celui-ci eût été cassé par la Cour suprême.

Iran

Devant le risque de tensions semblables à celles qu’avait provoquées le premier jugement, l’autorité judiciaire a immédiatement précisé que l’affaire devait à nouveau être soumise à la Cour suprême. "L’examen définitif concernant l’accusation de blasphème et la condamnation à mort revient à la Cour suprême et cette cour n’a pas encore donné son avis", a déclaré Gholamhossein Elham, porte-parole de l’autorité judiciaire, bastion conservateur qui a donné au cours des derniers jours différents signes d’ouverture.

"La peine ne deviendra définitive que si elle est confirmée par la Cour suprême", a renchéri le chef de la justice de la province, Zekrollah Ahmadi, également cité par l’agence estudiantine Isna. Devenu depuis une figure emblématique, l’universitaire Hachem Aghajari a été condamné en 2002 à huit ans de prison et à la peine de mort, malgré sa stature de révolutionnaire et de combattant de la guerre Iran-Irak (1980-1988). Pour le juge, il avait remis en cause les fondements de la religion et de la République islamique en plaidant en public en faveur d’une sorte de protestantisme de l’islam et en affirmant que les musulmans n’étaient pas des "singes" pour "suivre aveuglément un chef religieux".

Cette sentence avait provoqué une grave crise politique, mobilisant contre elle jusque dans les rangs conservateurs, et braquant surtout les étudiants. Le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, était intervenu pour réclamer la révision du jugement. La condamnation avait ainsi été cassée par la Cour suprême.

Ali Khamenei

La peine d’emprisonnement avait ensuite été ramenée à quatre ans, avant que Hachem Aghajari ne bénéficie d’une grâce pour cette partie des faits.

Mais l’accusation de blasphème et la peine capitale restaient en suspens. La Cour suprême ayant fondé sa décision de casser le jugement sur des "vices de forme" dans l’enquête, le dossier devait revenir devant le même magistrat. Selon Zekrollah Ahmadi, le juge de Hamédan a remédié aux défauts de procédure mais n’est pas "revenu sur sa première décision".

Un homme condamné à être fouetté, en Iran

Le dossier va à présent être transmis à trois juges de la Cour suprême, a déclaré M. Elham, en soulignant qu’il s’agirait de magistrats "expérimentés".

Avant l’annonce de la confirmation de la condamnation à mort, le président réformateur Mohammad Khatami s’était ému, lundi 3 mai 2004, qu’un "tel savant" soit condamné par un juge "inexpérimenté".

Mohammad Khatami

Le bureau du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a jugé "inacceptable de condamner à mort quelqu’un simplement parce qu’il a exprimé un avis". Quant aux étudiants, "vu la torpeur ambiante dans les universités et le climat de désintérêt politique, pour le moment il n’y a aucune action de prévu", a déclaré Abdollah Momeni, responsable du Bureau de la consolidation de l’unité (BCU), principale organisation estudiantine réformatrice.

Shirin Ebadi

Hachem Aghajari reste détenu dans la prison d’Evine de Téhéran "car le mandat d’arrêt lancé contre lui pour propos blasphématoire est toujours valable", a expliqué M. Elham.

Agence France Presse

La prison Evine, à Teheran

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