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dimanche 23 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (4ème partie) : Du 1er avril 2004 au 31 août 2004
AFP, 6 mai 2004

Haïti : Gérard Latortue assure que Haïti veut travailler "étroitement" avec la Caricom

Suivi d’un commentaire


Tannage de cuir dans un bidonville de Port-au-Prince, le 6 mai 2004

Le Premier ministre d’Haïti, Gérard Latortue, a affirmé, jeudi 6 mai 2004, que Port-au-Prince comptait "travailler étroitement" avec la Communauté des pays de la Caraïbe (Caricom).

"Haïti doit sortir de son isolement et doit travailler étroitement avec les pays de la Caraïbe", a dit M. Latortue devant le Conseil permanent de l’Organisation des Etats américains (OEA) à Washington.

Haïti et Saint-Domingue


"Chers amis de la Caraïbe, vous avez devant vous quelqu’un qui a consacré sa vie professionnelle à la défense de la coopération régionale. Qu’il n’y ait pas de malentendus sur ce point", a-t-il assuré.

Préparation du repas de trois familles, dans un bidonville de Port-au-Prince, le 6 mai 2004

De vives tensions étaient apparues entre Haïti et la Caricom après le départ en exil du président haïtien Jean-Bertrand Aristide, le 29 février 2004. M. Latortue avait boudé, fin mars 2004, un sommet de deux jours de cette organisation consacré à Haïti à Saint-Kitts.

Scène de rue à Port-au-Prince, le 6 mai 2004

Si les Etats-Unis et la France, qui étaient favorables au départ de M. Aristide, ont d’emblée reconnu le nouveau gouvernement haïtien, il n’en a pas été de même avec la Caricom qui compte 15 membres de droit et cinq membres associés.

Scène de rue dans un bidonville de Port-au-Prince, le 5 mai 2004

Le président déchu Jean-Bertrand Aristide est réfugié, depuis le 15 mars 2004, en Jamaïque, un pays membre de la Caricom.

Les pays de la Caraïbe ont très mal vécu l’éviction de M. Aristide. Ils s’étaient notamment mobilisés au début de la crise pour proposer un plan de règlement prévoyant un partage du pouvoir entre M. Aristide et l’opposition.

Troupes d’occupation américaines à Port-au-Prince, le 6 mai 2004

M. Latortue a rappelé par ailleurs que son gouvernement était "provisoire". Le gouvernement, a-t-il dit, "aura à quitter le pouvoir à la fin de 2005, après avoir organisé des élections où tous les citoyennes et citoyens auront pu s’exprimer librement et choisir dans la transparence leurs nouveaux dirigeants".

"Les membres (du gouvernement) ont pris l’engagement ne pas participer aux prochaines élections et de ne pas faire partie du gouvernement qui sortira de ces prochaines élections. Nous avons voulu prendre toutes les dispositions pour éviter toutes sortes de conflits d’intérêts entre le gouvernement et le processus électoral", a souligné M. Latortue.

Il a affirmé avoir comme "objectif" de "gouverner autrement" Haïti. "Notre objectif majeur est de remettre le pays sur les rails de la démocratie et du développement, sur les rails de l’Etat de droit et de l’engager sur les voies de la prospérité dans une paix sociale et politique durable", a-t-il dit.

Agence France Presse

Gérard Latortue

Commentaire

Choisi par un comité restreint de personnalités haïtiennes elles-mêmes désignées par les Américains, Gérard Latortue suscitait la méfiance à son arrivée à Haïti. Une guerre civile venait de s’achever, une autre menaçait de se déclencher et Haïti se retrouvait sous occupation militaire étrangère. L’Etat abandonné par Jean-Bertrand Aristide était totalement corrompu et au service du gangstérisme. Les opposants politiques vivaient dans la crainte d’un assassinat et les manifestants avaient l’habitude de se faire lapider quand on ne leur tirait pas dessus à coups de fusil à pompe.

Les gangs de tueurs du parti Lavalas de Jean-Bertrabd Aristide opèrent en toute impunité, à Port-au-Prince, le 29 mars 2004

Mais en raison de ses qualités humaines manifestes, de son respect à l’égard des pauvres qui constituent l’écrasante majorité de la population haïtienne, de son estime pour les insurgés qui ont libéré le pays de la férule du dictateur-gangster Jean-Bertrand Aristide, de sa compétence et de son esprit de tolérance, Gérard Latortue s’est très vite gagné l’admiration de tous ceux qui ont observé son action, non seulement à Haïti, mais dans le reste du monde.

Il est regrettable que le gouvernement de Gérard Latortue ne dispose pas de moyens supérieurs pour faire davantage de bien à la population.

Frank BRUNNER

Scène de marché à Port-au-Prince, le 6 mai 2004

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