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AFP, 16 décembre 2009

Guinée : Les révélations d’Aboubacar Sidiki Diakité


Moussa Dadis Camara

Aboubacar Sidiki Diakité dit "Toumba", l’ancien aide de camp en fuite de Moussa Dadis Camara, dit avoir tiré sur le chef de la junte guinéenne parce que ce dernier voulait lui faire porter seul la responsabilité des massacres du 28 septembre, à Conakry, dans un entretien à RFI diffusé mercredi 16 décembre 2009.

Guinée


Le capitaine Moussa Dadis Camara, porté au pouvoir par un coup d’Etat, fin 2008, est hospitalisé au Maroc où il aurait été opéré pour un "traumatisme crânien" et serait depuis conscient et capable de parler, selon une source marocaine. Le N°1 du régime avait été blessé à la tête, le 3 décembre 2009, par son aide de camp qui avait ouvert le feu sur lui, dans un camp militaire de Conakry. "J’ai tiré sur lui parce qu’à un certain moment, il y avait trahison totale (...) à mon égard. (...) Il a essayé de (faire) reposer toutes les charges des événements du 28 septembre (sur moi)", a déclaré Aboubacar Sidiki Diakité dit "Toumba", joint au téléphone par Radio France Internationale (RFI). "C’est actuellement important parce que les événements du 28 septembre ont été montés (...)", affirme le militaire en fuite, expliquant que le massacre, ce jour-là, de plus de 150 personnes, et le viol de dizaines de femmes, selon l’ONU, lors d’un rassemblement de l’opposition au stade de Conakry, avait été planifié par le chef de la junte. Aboubacar Sidiki Diakité assure notamment que Moussa Dadis Camara a fait venir au stade des "hommes infiltrés par le pouvoir", dont "250 recrues" d’une école militaire "qui ont été habillées en tenue civile, armées en armes blanches et qui ont causé d’énormes massacres". Aboubacar Sidiki Diakité reconnaît avoir été été au stade, mais affirme qu’il a tenté de calmer les forces de l’ordre, dont "tous les corps se sont mal comportés". "La responsabilité individuelle que j’ai prise, c’était directement pour sauver les leaders (de l’opposition)", plaide-t-il. "Je ne compte pas me livrer, parce qu’ils (les dirigeants de la junte, ndlr) ne veulent pas que la vérité soit connue. Ils préfèrent me tuer", a-t-il encore affirmé. Selon la thèse officielle en Guinée, il y a eu "tentative de coup d’Etat", perpétrée par l’aide de camp du chef de la junte, qui est toujours activement recherché et est accusé d’avoir tendu un "guet-apens" au chef du régime. Une version démentie par Aboubacar Sidiki Diakité. "Il (Moussa Dadis Camara) est venu me chercher à Koundara (camp militaire) avec tout son cortège, dans l’intention de m’arrêter", affirme Toumba, qui dit avoir "ouvert le feu" au moment où le chef des opérations de Camara se dirigeait vers lui avec une arme. Il assure avoir atteint son chef à "la nuque, côté droit", mais nie avoir tiré lorsque Camara lui tournait le dos. Il explique ensuite s’être battu avec l’officier chargé des opérations pendant que d’autres militaires évacuaient Dadis Camara. Interrogé pour savoir comment il avait pu s’enfuir dans ces circonstances, il répond : "c’est eux qui ont fui. Moi, j’ai réagi", sans donner plus d’explications. Selon la version officielle, qui n’expliquait pas non plus comment Aboubacar Sidiki Diakité était parvenu à s’enfuir, un des gardes du corps du président s’était jeté sur ce dernier pour le sauver. Aboubacar Sidiki Diakité l’aurait alors cru mort et n’aurait pas de nouveau fait feu.

Agence France Presse

Aboubacar Sidiki Diakité

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