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jeudi 23 mars 2017
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AP, 17 décembre 2009

Corruption : La Cour suprême pakistanaise annule l’amnistie en faveur du président Zardari

par Zahar KHAN


Des chômeurs attendent d’être embauchés, à Islamabad, le 14 décembre 2009

La Cour suprême du Pakistan a annulé, mercredi 16 décembre 2009, un décret de 2007 qui avait amnistié des milliers de personnalités politiques et du monde des affaires, dont Asif Ali Zardari, devenu entre-temps président de la République. Cette décision ouvre la voie à de nombreuses poursuites pour corruption qui pourraient encore affaiblir le régime au pouvoir. Asif Ali Zardari, qui reste protégé par son immunité présidentielle, ne devrait pas faire l’objet de poursuites le concernant directement, mais des ministres et autres membres de son entourage pourraient se faire inquiéter.

Pakistan


L’amnistie avait été décidée, en 2007, pour permettre le retour au pays de l’ex-Première ministre exilée, Benazir Bhutto, et sa candidature à l’élection présidentielle pour succéder au général Pervez Musharraf. Après l’assassinat de Benazir Bhutto, dès son retour au pays, en 2007, c’est son mari, Asif Ali Zardari, qui a pris la tête de son parti. Cette formation a remporté les élections législatives de février 2008. Et, logiquement, Asif Ali Zardari a été élu président du Pakistan par les députés en septembre 2008. Lorsque le décret d’amnistie a été pris, en 2007, Asif Ali Zardari n’était donc pas encore président et faisait partie des personnalités politiques qui auraient pu être visées par des poursuites pour corruption. Aujourd’hui, il est protégé par son immunité.

Asif Ali Zardari

Le décret d’amnistie de 2007 "semble aller à l’encontre de l’intérêt national" et "viole diverses provisions de la Constitution", a estimé le président de la Cour suprême, Iftikhar Mohammed Chaudhry, en rendant public l’arrêt de la plus haute juridiction du pays. Par conséquent, a-t-il poursuivi, "tous les bénéfices obtenus en vertu de ce (décret d’amnistie), affaires abandonnées et acquittements prononcés, sont déclarés nuls". La Cour suprême a annulé le décret d’amnistie, mais n’a pas levé l’immunité du président Zardari. L’arrêt de la Cour suprême est un coup dur pour le déjà très impopulaire président Zardari, au moment où les Etats-Unis tentent d’organiser un front uni contre les talibans et autres militants le long de la frontière afghane. Cette décision pourrait donner le coup de grâce au chef de l’Etat, selon des analystes. Dès l’annonce de la décision de la Cour suprême, le principal parti d’opposition a réclamé la démission du président Zardari, expliquant que, sans le décret d’amnistie, il n’aurait pas été autorisé à se porter candidat à la présidentielle. L’entourage d’Asif Ali Zardari a rejeté cette analyse, soulignant qu’il n’y avait pas de raison légale ou constitutionnelle pour forcer le président à quitter son poste et que le chef de l’Etat jouit toujours de son immunité.

Zahar KHAN

Iftikhar Mohammed Chaudhry

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