retour article original

samedi 25 février 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales
Le Monde, 19 décembre 2009

Informations internationales : Copenhague s’achève sur un lamentable fiasco



La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré qu’elle signerait le texte de compromis arraché, vendredi 18 décembre 2009, à la conférence de Copenhague sur le climat, malgré les sentiments mitigés que lui inspire cet accord. "La décision est très difficile pour moi. Nous faisons un pas. Nous en espérons beaucoup d’autres". L’accord conclu entre les pays développés et émergents n’est pas assez ambitieux pour que l’Union européenne réhausse ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à 30 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990, a-t-elle ajouté. L’Union européenne en restera donc pour l’heure à 20 %.


Pour le premier ministre britannique, Gordon Brown, ce texte constitue un premier pas qui doit être rapidement suivi des efforts nécessaires pour conclure un traité contraignant. "Je suis venu ici, à Copenhague, en souhaitant l’accord le plus ambitieux possible. C’est un début. Je crois qu’il nous faut maintenant continuer pour assurer rapidement une issue juridiquement contraignante". "Un accord vaut mieux qu’une absence d’accord", a fait valoir la Commission européenne. "Ce qui a pu être obtenu, aujourd’hui, n’est pas à la hauteur de nos attentes, et de loin. Mais il maintient en vie nos objectifs et nos ambitions. Il prend en compte les besoins des pays en développement. C’était le seul accord possible à Copenhague", a ajoute une porte-parole de l’exécutif européen. Le négociateur chinois, Xie Zhenhua, a estimé, lui, que la conférence organisée par la Convention-cadre de l’ONU sur le changement climatique, qui s’était ouverte le 7 décembre 2009, avait débouché sur un résultat positif et que tout le monde devrait être heureux.

Bien plus sévères, les Verts considèrent que la conférence de Copenhague s’achève sur un "lamentable fiasco". "Le résultat est aussi désespérant que les enjeux étaient d’importance. La Chine et Barack Obama sont les coupables numéro un, mais l’Europe a péché par sa désunion et son absence de leadership", estime Djamila Sonzogni, porte-parole des Verts. "Nous avons eu la preuve éclatante, durant ces jours passés, que nombre de nos responsables sont en fait irresponsables". Les Verts et les écologistes "feront pression pour que, lors du sommet de Bonn, prévu l’année prochaine, un accord contraignant soit enfin trouvé", prévient-elle. Les observateurs du sommet se sont montrés déçus. "Cela semble très vague. Il n’y a pas d’étape suivante, ni rien qui indique comment parvenir à un accord final", a déploré John Lanchbery, de l’ONG Birdlife International. "Ni équitable, ni ambitieux, ni juridiquement contraignant, a fustifé Pascal Husting, de l’ONG Greenpeace. Si les Nations Unies adoptent le texte présenté ce soir, les chefs d’État et de gouvernement réunis à Copenhague n’auront pas rempli leur mission." De son côté, John Ashe, président des négociations onusiennes sur l’application du protocole de Kyoto, a souligné que les objectifs du sommet n’étaient pas atteints. "Vu le point de départ et les attentes qui pesaient sur la conférence, toute autre issue qu’un accord légalement contraignant n’atteint pas l’objectif", a-t-il estimé. "D’un autre côté, étant plutôt réaliste, je me rends bien compte que la barre était peut-être placée un peu haut, et le fait qu’il y ait à présent un accord (...) nous donne peut-être un point d’appui."

Avec Reuters et AFP

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source