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mercredi 29 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (5ème partie) : Du 1er mai 2004 au 15 mai 2004
AP, 8 mai 2004

Irak : La résistance harcèle l’occupant


BAGDAD/WASHINGTON (AP) - Au lendemain de l’audition du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld devant deux commissions du Congrès, le scandale des sévices infligés à des prisonniers irakiens a encore gagné en ampleur, samedi 8 mai 2004, tandis que des affrontements opposaient des résistants de l’imam chiite radical Moqtada al-Sadr à des militaires de la coalition dans trois villes du sud de l’Irak.


Les hommes en noir de l’Armée du Mahdi ont notamment attaqué des troupes britanniques et des bâtiments gouvernementaux à Bassorah, la grande ville du sud du pays. Ces combats faisaient suite au prêche, vendredi 7 mai 2004, d’un des proches d’Al-Safr, cheikh Abdul-Sattar al-Bahadli, qui a promis des récompenses pour tout soldat de la coalition capturé ou tué, en représailles aux mauvais traitements subis par des prisonniers irakiens.

Les affrontements de Bassorah, ainsi que ceux survenus à Amarah, ont fait une dizaine de morts côté irakien, l’armée britannique faisant état de cinq blessés dans ses rangs. Il s’agissait de la plus importante démonstration de force de l’Armée du Mahdi depuis plusieurs jours. Certains y voient une tentative de diversion au sud, au moment où l’armée américaine intensifie ses actions contre la milice dans ses bastions de Nadjaf, Koufa et Kerbala. Les combats y ont fait des dizaines de morts cette semaine.

De leur côté, les troupes américaines, appuyées par des chars, sont entrées, samedi 8 mai 2004, dans Kerbala, et ont bloqué les routes menant au sanctuaire de l’imam Hussein.

Dans le même temps, des soldats de la coalition ont arrêté le cheikh Moayad al-Assadi, le principal représentant de Moqtada al-Sadr à Nassiriyah.

Le défi lancé par les résistants de l’imam radical aux forces de la coalition a également pris la forme d’une attaque de convoi militaire américain, sur une route proche d’Abou Ghraib, à l’ouest de Bagdad. Un véhicule a été incendié, à la grande joie d’enfants qui se sont rassemblées autour de l’engin aux cris de "Vive Al-Sadr", avant d’être dispersés par des GI.

Le festival des hypocrites

Ces violences n’ont aucunement occulté le scandale des sévices, qui a été amplifié par l’audition, vendredi 7 mai 2004, de Donald Rumsfeld devant des commissions parlementaires américaines. Le secrétaire à la Défense a eu beau offrir ses "plus profondes excuses", il a refusé de démissionner et a averti que l’affaire pourrait s’aggraver, évoquant d’autres photos et vidéos montrant des scènes "difficiles à croire". Son avenir pourrait dépendre du contenu de ces documents.

Lors de son allocution hebdomadaire radiodiffusée, le président George W. Bush a qualifié ces abus de "tache sur l’honneur et la réputation de notre pays". Mais, selon lui, il s’agit d’"agissements d’un petit nombre" ne reflétant pas le comportement de milliers de militaires américains "qui servent et se sacrifient en Irak".

"Nous allons apprendre tous les faits et déterminer toute l’ampleur de ces abus. Ceux qui sont impliqués seront identifiés. Ils répondront de leurs actes", a averti M. Bush.

Sept militaires ont déjà été inculpés, parmi lesquels la soldate Lynndie England, vue sur des photos en train de sourire et de montrer du doigt des prisonniers nus irakiens.

En outre, a ajouté le chef de la Maison Blanche, toutes les opérations dans les prisons irakiennes vont être étudiées "afin de s’assurer que de tels incidents honteux ne se répètent jamais".

Le général Geoffrey Miller, nouveau commandant d’Abou Ghraib, localité où se trouve le centre de détention à l’origine du scandale, a pour sa part imputé la responsabilité des faits à l’ancienne direction de la prison. En laissant imposer aux prisonniers ces épreuves humiliantes, à la fin de l’an dernier, "les supérieurs et les soldats n’ont pas suivi le règlement autorisé", a-t-il observé, dénonçant un "manque d’autorité et de surveillance". Devant la presse, le général a par ailleurs défendu les recommandations qu’il avait adressées en septembre aux commandants d’Abou Ghraib pour que la police militaire obtienne des renseignements sur les détenus afin de faciliter les interrogatoires. De l’avis des enquêteurs, cette pratique pourrait toutefois avoir entraîné les dérapages relayés aujourd’hui par la presse mondiale.

Selon le quotidien britannique "The Guardian", les sévices paraissent suivre de façon approximative les méthodes de pression enseignées à certains militaires américains et britanniques.

Associated Press

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