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AFP, 9 mai 2004

Détenus de Guantanamo torturés avec l’accord de Washington

Suivi d’un commentaire


Le gouvernement américain a donné son accord, en avril 2003, pour des techniques d’interrogatoire à Guantanamo permettant d’inverser les rythmes de sommeil des détenus et de les exposer à la chaleur, au froid, à une musique violente et à des lumières aveuglantes, rapporte, dimanche 9 mai 2004, le quotidien Washington Post sur son site internet.


Citant des responsables anonyme de la défense, le journal indique qu’une liste secrète comportant 20 techniques d’interrogatoires avait été autorisée aux plus hauts niveaux du Pentagone et du Département de la Justice dans la prison de la base américaine à Cuba où sont détenus 600 étrangers originaires d’une quarantaine de pays, pour la plupart, capturés durant la guerre en Afghanistan à l’automne 2001.

Cette liste constitue les premières instructions officielles qui autorisent les enquêteurs à utiliser des méthodes destinées à stresser physiquement et psychologiquement les détenus qu’ils vont interroger.

L’utilisation de chacune de ces techniques exige l’autorisation des hauts responsables du Pentagone et même, en certains cas, du ministère de la Défense, souligne le journal. Les enquêteurs doivent justifier que les traitements les plus durs sont "militairement nécessaires", écrit le Washington Post en citant un responsable. Le traitement spécial, dûment autorisé, devait être accompagné "d’une surveillance médicale appropriée", ajoute le journal.

"Nous voulions trouver une manière légale d’échapper un peu aux pressions", écrit le quotidien en citant un avocat impliqué dans la rédaction des lignes directrices de ces méthodes. "Nous voulions un peu plus de liberté que dans une prison américaine, mais pas la torture", a-t-il dit. La liste officielle des techniques autorisées dans la prison américaine de Guantanamo, dans l’île de Cuba, prévoit que des prisonniers puissent être obligés de rester debout jusqu’à quatre heures d’affilée, selon le rapport. L’interrogatoire d’un prisonnier sans ses vêtements est autorisé s’il est seul dans une cellule, mais tout contact physique est prohibé.

Selon des responsables de la Défense et du renseignement, des instructions similaires ont été approuvées pour être utilisées sur des "détenus de haute valeur" en Irak, des personnes soupçonnées de terrorisme ou ayant connaissance d’opérations d’insurrection, selon le journal. L’agence centrale du renseignement américain, la CIA, a ses propres lignes directrices pour les interrogatoires dans les centres de détention.

Le journal n’a pu savoir si ces instructions étaient mises en oeuvre dans la prison d’Abou Ghraib, près de Bagdad. Mais les parlementaires du Congrès ont exigé qu’on leur dise si les dérives des soldats américains rapportées dans la presse étaient une aberration ou si elles reflétaient une politique agressive menant à des extrémités inhumaines.

Des photos prises à Abou Ghraib montrent des détenus irakiens obligés de prendre des poses sexuelles et humiliantes par le personnel de la prison. On les voit la tête couverte de sous-vêtements féminins, ou tenus en laisse par une soldate américaine.

Les instructions du Pentagone pour Guantanamo avaient pour but de donner aux enquêteurs l’autorité de forcer des détenus peu coopératifs à donner des informations, bien que des experts en interrogatoires estiment que les informations ainsi obtenues sont souvent peu fiables, selon le Washington Post.

Agence France Presse

Commentaire

On relèvera que les méthodes décrites ci-dessus -privation de sommeil, exposition à la chaleur et au froid, vacarme incessant, etc.- sont considérées comme de la torture par le gouvernement des Etats-Unis lorsqu’elles sont pratiquées par d’autres pays. Il n’y a donc pas lieu de jouer sur les mots et il convient d’appeler torture ce qui est de la torture.

Ainsi, les preuves s’accumulent, démontrant que George Walker Bush a personnellement autorisé et encouragé l’usage de la torture. Une fois le scandale connu, George Walker Bush a tenté de nier sa responsabilité personnelle, en prétendant que la torture était due à quelques individus subalternes incontrôlés agissant à l’insu de la hiérarchie... Le président des Etats-Unis apparaît comme un menteur pathologique dont la parole n’a strictement aucune valeur.

On comprend son attitude complaisante à l’égard de Donald Rumsfeld puisque, contrairement à ce que tous deux ont prétendu, George Walker Bush n’a jamais ignoré ce qui se passait dans les salles de torture américaines. Et on comprend que Donald Rumsfeld n’éprouve pas le besoin de démissionner, puisqu’il a toujours agi au su et avec la bénédiction du président des Etats-Unis, lequel s’est abaissé au niveau du chef d’une bande de tortionnaires, tout en débitant au kilomètre des discours sur "les valeurs démocratiques" et en prétendant faire la leçon, à l’ensemble de la planète, en matière de respect des droits de l’homme...

Quand on constate que le président des Etats-Unis, le ministre de la Justice et le ministre de la Défense avaient approuvé l’usage de la torture et n’en ignoraient rien depuis le départ, comment croire à l’innocence des autres membres du gouvernement des Etats-Unis ? Il ne fait aucun doute que tous savaient et que tous étaient complices. Ces gens sont plus hypocrites et plus cyniques les uns que les autres.

Cette affaire démontre que les Etats-Unis sont devenus un Etat fondamentalement totalitaire, dont les dirigeants n’ont aucun sens moral, et dont la politique est déterminée par l’intérêt particulier d’une cupide oligarchie.

Les Etats-Unis sont la principale menace contre la démocratie dans le monde. Ils la pervertissent de l’intérieur et en font un système politique non moins méprisable que les dictatures.

Frank BRUNNER

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