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samedi 25 mars 2017
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AFP, 1er février 2010

Corruption : Fronde parmi les troupes d’élite de Moscou


Des OMON

Des membres des troupes d’élite de la police de Moscou ont dénoncé, dans une lettre adressée au Kremlin, la corruption et les abus de pouvoir qui règnent, selon eux, dans leurs rangs, une initiative sans précédent dont se fait l’écho, lundi 1er février 2010, l’hebdomadaire russe The New Times.

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Les forces spéciales de Moscou comptent quelque 2000 hommes. Leur principale fonction est de disperser les manifestations non-autorisées et ils sont habituellement considérés comme très loyaux envers le pouvoir. La plainte de ces policiers du 2e bataillon des forces spéciales (OMON) de la police de Moscou a été envoyée, à une date non précisée, à la fois au Kremlin, au chef de la police de Moscou, au Parquet et à la police des polices. Mais elle est depuis restée sans réponse, déplorent-ils, selon le magazine. C’est ce silence qui a poussé une dizaine d’entre eux, dont cinq sont cités nommément par The New Times, à se tourner vers la presse pour se faire entendre, laisse entendre le magazine. Ils accusent par exemple leur chef, le colonel Sergueï Evtikov, de les obliger à interpeller au moins trois personnes par jour, faute de quoi ils sont privés de primes. La veille d’une manifestation non-autorisée, "les supérieurs (...) nous expliquent que ce sont des services secrets étrangers qui ont payé toutes ces marches de désaccord ou les gay-prides", racontent-ils au journal. "S’il y a des pancartes critiquant la police, (le président russe Dmitri) Medvedev ou (le Premier ministre Vladimir) Poutine, il faut les casser tout de suite", relatent-ils. Les officiers dénoncent également la corruption de leurs supérieurs, qui les envoient protéger des mafieux et des prostituées, accompagner le transport de cargaisons illégales ou prêter main forte lors de prises de contrôle illégales d’entreprises, une pratique courante en Russie.

Des OMON s’en prennent à un manifestant écologiste

La police de Moscou a rejeté, lundi 1er février 2010, ces accusations. "Les faits n’ont jamais été confirmés et sont des calomnies évidentes", a déclaré Janna Ojimina, numéro deux du Département de l’Information de la police de Moscou, dans un communiqué. Parmi les cinq officiers qui ont parlé à l’hebdomadaire, quatre avaient été limogés des forces d’élite à l’automne 2009, soupçonnés de "pillage", et le cinquième "n’a jamais été membre" des forces spéciales, a affirmé la responsable. Interrogée par l’AFP, l’administration présidentielle s’est, de son côté, refusée à tout commentaire. La police des polices a confirmé à l’AFP avoir "reçu cette plainte", selon son porte-parole, Andreï Moskovkine, mais a indiqué ne pouvoir la commenter "avant la fin des vérifications". Le ministère russe de l’Intérieur et la police ont été, ces derniers mois, au centre de nombreux scandales de corruption, de meurtres et de falsification de preuves. Selon les statistiques officielles de la police des polices, plus de 5000 crimes ont été commis en 2009, soit 11 % de plus que l’année précédente. Parmi ceux-ci, plus de 3000 sont des cas de corruption et d’abus de pouvoir. En réaction, M. Medvedev a annoncé une vaste réforme de la police et du système carcéral.

Agence France Presse

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