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dimanche 30 avril 2017
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Reuters, 5 février 2010

Corruption : Le rapport britannique sur le scandale des notes de frais a été publié

par Estelle SHIRBON, Stefano AMBROGI et Guy KERIVEL


Vue de Londres

Pendant des années, près de 400 parlementaires britanniques ont usé et abusé des notes de frais pour se faire rembourser des dépenses qui n’étaient pas liées à leur fonction, selon un rapport commandé, en 2009, par le Parlement, et rendu public jeudi 4 février 2010.

Grande-Bretagne


Les Britanniques ont découvert avec stupeur, au printemps 2009, que de nombreux élus avaient détourné le système d’indemnisation pour se faire rembourser avec l’argent des contribuables des dépenses personnelles allant de la nourriture pour chien au nettoyage de leur piscine. La publication du rapport de Thomas Legg, un haut fonctionnaire qui met en cause des parlementaires de toutes les formations politiques, devrait peser sur la campagne des élections législatives qui doivent être organisées, au Royaume-Uni, avant le mois de juin 2010. Il recommande que 390 membres du Parlement remboursent un total de plus d’un million de livres sterling (1,15 million d’euros) d’argent public dont ils ont indûment bénéficié. Thomas Legg, qui a étudié les notes de frais de 752 membres du Parlement entre 2004 et 2009, décrit "un manque de transparence" et reproche aux services officiels de contrôle leur laxisme et leur manque de curiosité.

Thomas Legg

Le scandale a incité les autorités à prendre des mesures pour répondre à l’indignation des électeurs, en créant notamment un conseil de surveillance. Harriet Harman, "leader" de la Chambre des communes, c’est-à-dire ministre chargée des Relations avec le Parlement, a déclaré que les élus incriminés devraient rembourser les sommes dues d’ici le 22 février. S’ils ne le font pas, des retenues seront effectuées sur leur salaire. Si la plupart des cas vont se régler de façon interne au sein du Parlement, quelques députés pourraient avoir à répondre de leurs indélicatesses devant la justice. Le parquet devrait annoncer, vendredi 5 février 2010, s’il poursuit certains élus. Tous les partis politiques ont été éclaboussés par le scandale. Déjà, plusieurs parlementaires trop compromis ont annoncé qu’ils ne se présenteraient pas aux prochaines élections. Quant à ceux qui voudraient briguer un nouveau mandat, ils prennent le risque d’être sanctionnés par les électeurs. Parmi les élus épinglés par le rapport, Barbara Follett, épouse de l’écrivain Ken Follett, arrive en tête des remboursements. Elle a déjà remboursé les 42458 livres réclamées, une somme qui avait été en grande partie consacrée à assurer la surveillance de sa résidence secondaire. Mécontents, 75 élus avaient fait appel des conclusions du rapport et 44 d’entre eux ont obtenu satisfaction.

Estelle SHIRBON, Stefano AMBROGI et Guy KERIVEL

Barbara Follett

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